LÉ MÂDAME DE LA PELTRIE
‘étant très désireuse de voir la fer-
veur ‘des néophytes qui se trou-
Vaiént à cet endroit. Elle eut le bonheur d'être la marraine de quel-
ques-uns.
Ces néophytes se faisaient remarquer par leurs sentiments de piété et par la ferveur de leur dévotion. Le matin, ils allaient entendre la sainte messe et, le soir, on
les rappelait pour leur faire dire
quelques prières, notamment le
chapelet. “ Le P. Dequen les faisait
Téciter très posément, et, à chaque
dizaine, leur faisait chanter un can.
sc tique spirituel, si bien que cela cl tirant en longueur, il voulut se À contenter de leur en faire dire la d
moitié, de peur de les dégoûter, mais ces bonnes gens, s'en aperce-
vant, s’écrièrent : “ Il semble que
nous ne soyons chrétiens qu'à demi ; disons tout, mon père, ne ser- Vons pas Dieu à demi. ” Comme cette dévotion était très agréable à ces sauvages, elle se communiquait
jusqu'aux plus petits enfants, qui,
Voyant queiquefois leurs parents
PT
sortir de leurs cabanes sans leurs
chapelets, leur criaient de ne pas
l'oublier, s'ils allaient à la maison
de prière.”
| vie riet
com rel
DERNIÈRES ANNÉES DE MME DE LA 4 ’ tou
| PELTRIE AU COUVENT DES URà ol SULINES.
obse Revenue à Québec, Mme de la nes Peltrie se retira dans la commu. M gari nauté, où elle vécut jusqu'à sa mort | del:
de la vie religieuse de ses chères Q sœurs. lle était si exacte à la ditic régle qu’elle prévenait ses compa- de j
gnes en tout ce qui concernait la
vie religieuse. “ Lorsque la supé-
rieure ordonnait quelque chose à la communauté, elle était toujours la
première à l’exécuter, animant ainsi
à tout le monde par sa promptitude à obéir, et l’on a remarqué que les | observances régulières n'étaient ja- |
x mais mieux, ni plus ponctuellement
te 1 gardées, que lorsqu'elle avait soin
rt Ü dela cloche.” Fe
es Quoique d’une très grande con-
la dition, et quoique pendant sa vie
FA | de jeune fille et d’épouse, elle eut
été en contact journalier avec les
plus grands personnages de sa province, elle était d'une humilité extrême. Elle désirait surtout remplir dans la communauté les offices les plus bas : balayer la maison, laver la vaisselle, soigner les ma-
lades ; et elle s'acquittait de ces
offices avec une quiétude et une charité remarquables. Partout, et au réfectoire, et au chœur et à la communion, el’e prenait la dernière place, Elle était même peinée quand
on l’appelait fondatrice de la com-
Tous les mérites, toutes les vertus
ro+ re qui apparaissaient en Mme de la ‘ rem. Peltrie firent de se vie le plus édices fiant exemple pour tous. Elle avait son, | Une telle affection pour les pauvres, ma- Æ Par respect et amour de la pauvreceë té de N.-Seigneur qu'elle aurait ie toujours voulu en être entourée, et ra qu'elle se dépouillait pour eux de ses meilleurs vêtements, ne gardant ER pour elle que des habits rapiécés.
nd Ne croyant jamais avoir assez fait
our l'amour de Dieu, ellese livrait P
M tions, qu’un corps robuste aurait
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eu de la peine à supporter quoiqu'elle fat d’une complexion fort délicate et sujette à des infirmités presque continuelles. C'était surtout lorsqu'elle apprenait qu’une âme était en grand péril de se perdre qu’elle multipliait pour la sauver ses austérités et ses prières.
Pendant les dix-huit dernières années de sa vie, Mme de la Peltrie remplit l'office de lingère de la communauté. Dans cette modeste char-
ge, elle déploya les deux vertus qui
lui avaient été chères dès son enfance : la charité et la miséricorde.
Car elle donnait volontiers plus qu'on ne lui demandait avec tant de bonne grâce et tant de bonté qu'elle faisait mille excuses si les choses qu’elle donnait, n'étaient pas aussi commodes qu’on l'aurait dé-
siré.
Enfin cette âme si pieuse, qui n'avait jamais brûlé que de l’amour de Dieu, allait recevoir sa récom-
pense. Cette femme, qui, pour ga-
gner à son Dieu des âmes idolâtres
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