DE MADAME DE LA PELTRIE
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Vu la difficulté de jouir de ses biens, Mme de la Peltrie voulait commencer son institut seulement avec six petites orphelines sanvages; mais “ son cœur était bien moins limité que ses ressources,” et
au lieu de six, il entra dix-huit
dans les deux petites
j A tte
chambres où étaient logées les ur-
sulines et leur fondatrice. Dans ce
petit logement, on VOyai\: :n outre les petites Françaises qui venaient
se faire instruire ainsi que les filles
et les femmes sauvages qui y en- +:
traient à toute heure, et souvent n même y passaient la nuit. Que | D d’incommodités, résultant de tant h de monde dans un si petit endroit, l’ mais quelle joie pour la pieuse q!
dame en voyant les excellents ré- qi sultats de ses travaux, de ses sa- di
crifices !
les urans ce | outre nalent s filles y enuvent Que > tant droit, leuse ts ré-
ES Sa-
Ecoutez-la parler de ses petites élèves dans la lettre qu'elle adresse
au R. P. Vimont :
“ Je ne serais pas satisfaite si je
ne Vous entretenais de la consola-
tion que je reçois journellement de
nos petites filles ; j'en ai tous les plaisirs qu’une mère pourrait souhaiter de ses bons enfants, tant en l'obéissance qu’elles me rendent, qu'en l'amour tendre et filial qu'elles me portent. J'étais chargée, durant la retraite de nos mères, de
les faire prier Dieu, de leur faire
til
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réciter leur catéchisme, et de leur
faire dire leur leçon ; je ressentais
en faisant cette action une joie dans mon cœur qui ne se peui dire.
“ Leur ayant fait entendre que nos mères étaient avec Dieu , je leur fis garder un silence de huit ; jours qui m'étonna ; j'en venais plus aisément à bout que des Françaises.
L'un de ces jours, ayant gardé le lit pendant la matinée, à cause
d’une indisposition, comme je venals à passer dans leur chambre
dans l’a rès-midi. ce .l'ap
le leur
sentais le dans 'e.
re que e leur jours us aiaises.
dé le
chères et des caresses qui ne sont pas croyables; elles s’écriaient ninque, ninque, ma mère, ma mère ; elle se jetaient à mon cou, si bien que j'eus de la peine à m'en défaire.
Je vous confesse, mon cher père, que cela me ravit le cœur de voir un si grand naturel en des enfants sauvages ; aussi est-il vrai que si elles étaient mes propres enfants,
je ne pourrais les aimer davantage.
“Ayant été vous voir dernière-
ment à la résidence de St-J oseph,
aissais deux de mes enfants à
la maison; elles ne firent que se lamenter en mon absence, on en trouva une tout éplorée en un petit coin s’écriant : daiar ninque daiar, venez, ma mère, venez ; daiar, madame, venez, madame : elle m’appelait tantôt d’une façon, tantôt d'une autre, pensant que je lui répondrais plus tôt. Je ne vous parle pas des caresses qu’elles me firent à mon retour ; du plus loin qu’elles m'aperçurent à travers la palis-
sade, elles eussent volontiers santé