‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 31 sur 99 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

LA SUPÉRIEURE 1

Comment?

THOMÉ

Il s’agit d’un anneau d’or qu’on m'a donné hier et que j'avais accepté pour quelques heures, afin d’en faire la comparaison avec un bijou à peu près pareil...

LA SUPÉRIEURE

Qui donc pouvait avoir un anneau d’or dans cette maison?

Une très-belle et très-aimable dame, et je vous prie de ne pas lui faire un crime de la bonté qu’elle a eue pour moi.

LA SUPÉRIEURE

Les femmes nui entrent ici sont dépouillées d’abord de tous leurs bijoux; celle à qui appartient cet anneau n’a donc pu se le procurer que par un vol. Qu’on me la fasse connaître à l’instant même !

marie, s'avançant. *

C’est moi.

la marquise, à part.

Elle ! encore elle !

THOMÉ

Oui, oui, c’est bien à madame que la bague appartient.

MARIE

Il y a deux mois, sur la route de Saint-Germain, je rencontrai un jeune homme malade... je lui donnai un verre d’eau, et en échange il me pria d’accepter cette bague....

LA SUPÉRIEURE

Conte invraisemblable.

Henri, s’élançant. **

Vérité, vérité sacrée ! c’est à moi que le verre d’eau a été donné.

la marquise, à part.

Oh ! comme il l’aime î

thomé, à la supérieure.

Je réserverai pour une autre fois les effets d’éloquence que je préparais déjà pour la défense de madame. Celte reconnaissance tout à fait inattendue est la plus concluante des plaidoiries.

HENRI

Madame veut-elle reprendre son anneau?

MARIE

Je le donne aux pauvres. Madame la supérieure anra-t-elle la bonté de le faire vendre en leur faveur?...

HENRI

Alors, c’est moi qui l’achète. Madame la supérieure, voici

* Henri, Thomé, Marie, la supérieure, la marquise.

** Thomé, Henri, Marie, la supérieure, la marquise.

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