I.A MARQUJ5B
Comme vous êtes agité : calmez-vous.
la verrière, s’asseyant près de la marquise. *
Marquise, j’abuse de notre parenté : je vais vous demander un nouveau service.
LA MARQUISE
Parlez. - -
Catherine, ma fille légitime, arrive demain dans cette maison, et je ne veux pas qu’elle s'y rencontre avec l’autre... avec la bâtarde : j’ai donc pris la résolution d’éloigner de moi, et pour toujours, la fille de madame de La Verrière et de M. de Montbrun; mais madame Bertrand, gouvernante de cette petite, a refusé de se reléguer à la campagne avec son élève... Une vieille religieuse à qui je suis allé proposer de se charger d’elle, m’a répondu également par un refus... je n’ai plus d’autre ressource que de m’adresser à vous.
LA MARQUISE
C’est ce que vous auriez dû faire tout d’abord. J'emmènerai cette enfant à la campagne et je me charge de son éducation.
Oh ! je pourrai dormir à présent. Merci , marquise , merci.
LA MARQUISE
Comment! la présence d’une enfant vous troublait à ce point? quelle faiblesse !
LA VERRIÈRE, «e léVant.
Ah! c’est que cette enfant est venue voler à ma fille chérie la moitié des biens qui lui appartenaient; c’est qu’elle sera peut-être cause du malheur de sa vie entière ; et puis vous ne savez pas ce qu’on souffre à voir constamment sous ses yeux un gage vivant de son déshonneur. Tenez , elle vient d être dangereusement malade , je n’ose vous dire à quelles pensées je me suis livré quand j'ai appris qu’elle était sauvée.
* La marquise, La Verrière. *