MARIE, HENRI, DOMINIQUE, AMÉLIE
DOMINIQUE
Grâce au ciel, madame Bertrand était plongée dans la lecture de Clélie et elle n’a point fait de difficulté âme laisser emmener la petite.
Amélie, à Henri.
Bonjour, mon ami.
HENRI
Voyez cette dame.
améiie, s'excusant.
Il m’a guérie, madame.
Madame !
AMÉLIE
Vous voulez me voir?
MARIE
Oui, c’est pour cela que je suis venue... je savais que vous aviez été souffrante et j'étais bien inquiète ae vous. Mais quoi-
3 ue votre visage porte encore quelque traces de la maladie ont vous sortez, on voit que les couleurs de la santé ne tarderont pas à'v reparaître ; vous êtes guérie, réellement guérie ; et ie vous embrasse avec autant de joie que si j’étais votre mère.
AMÉLIE
Ma mère... est-ce que vous l’avez connue?
* Marie, Henri.
Marie, assise ; Amélie, Dominique, Henri.
MARIE
Pourquoi me demandez-vous cela?
AMÉLIE
Parce que je vous prierais de me parler d’elle?
MARIE
Vous ne savez donc pas ce qu’elle est devenue ?
AMÉLIE
Je sais qu’elle est morte et j’y pense bien souvent.
MARIE
Morte ! qui vous l’a dit?
ANÉL1E.
Personne... Mais si elle était vivante; je la verrais !
MARIE
Vous avez raison... oui, votre mère est morte.,, accoutumezvous à cette idée là... je la plains bien cette pauvre mère... elle eût été si heureuse d’avoir auprès d’elle une fdle comme vous.
• AMÉLIE
Et moi, je serais si contente d’avoir encore ma mère !
marie.
Pourquoi cela?
AMÉLIE
Parce qu’elle m’aimerait ! et ici, excepté Dominique- et monsieur Henri...
MARIE
Eh bien! excepté Dominique et monsieur Henri...
AMÉLIE
Personne ne m’aime.
Est-il possible ?
AMÉLIE
Papa lui-mème, jamais il ne m’embrasse, jamais, jamais!
DOMINIQUE
C’est qu’il n’est pas dans son caractère de gâter les enfants ; mais votre père vous aime, mademoiselle, et si vous vous plaignez de lui, vous ne serez plus écoutée des anges que vous priez tous les soirs.
MARIE
Et quelle prière leur adressez-vous ?
AMÉLIE
Une prière que Dominique m'a apprise et que je dis tout bas, afin que madame Bertrand et mon père ne l’entendent pas. Je puis bien la dire à cette dame, n’est-ce pas?
DOMINIQUE
Oui, oui, dites-la, mon enfant.
Amélie, à genoux et priant.
« Anges du ciel, veillez sur ma pauvre maman; elle était