ACTE III, SCÈNE VI. SI
» belle et pure comme vous ! Rendez-lui au moins dans le ciel » le bonheur qu’elle n’u pas eu sur la terre! »
Amélie ! Amélie !
Dominique , à Marie.
Allons, madame, du courage! Avez -vous quelque recommandation à me faire? Profitons des moments que madame Bertrand nous laisse.
MARIE
Merci, Dominique ! vous me rappelez à mon devoir. Oui,
I ‘*ai une recommandation à vous faire, ou plutôt une prière lien importante à vous adresser.
DOMINIQUE
Laquelle ?
MARIE
Il y a deux mois, quand on me fit partir pour le Havre et
? ue, par l’effet d’un miracle, je fus ramenée a Paris, vous me ltes parvenir un billet ainsi conçu : « Si vous retombez jamais » dans un danger pareil à celui que vous venez de courir, tâ- » chez que j’en sois prévenu sur-le-champ. Monsieur de La » Verrière m’a fait les plus belles promesses à propos d’un ser- » vice que je lui ai rendu; j’essaierai de vous être, utile. »
DOMINIQUE
Je ne retire aucune de ces paroles.
MARIE
Eh bien! monsieur de La Verrière veut envoyer ma fille en province; demandez qu’il la garde auprès de lui.
Mademoiselle Amélie partirait?...
MARIE
Oui, et je ne la verrais plus ! c’est-à-dire que je mourrais ou que je deviendrais folle. Avez-vous quelque moyen de me sauver?...
DOMINIQUE
Ayez bon espoir ! mademoiselle Amélie est aussi nécessaire à ma vie qu’à la vôtre, et je vous promets qu’on ne nous l’enlèvera pas !