MARIE, HENRI
HENRI
Eh bien ! êtes-vous rassurée sur l’état de sa santé ?
MARIE
Oh! oui, oui... Adieu, ma fille!... que Dieu te garde, ma fille!... Maintenant, monsieur, partons.
HENRI
Un moment.
Qu’attendez-vous?
Dominique va revenir.
Eh bien ?
HENRI
MARIE
HENRI
Voyons, madame, ne trouvez-vous pas que vous avez assez souffert?
MARIE
A quel propos me faites-vous cette question ?
HENRI
Cet air de la liberté que vous respirez depuis quelques moments, n’esl-il pas doux à votre cœur? ce vêtement nouveau, pour lequel vous avez quitté votre vêtement d’opprobre, ne vous réhabilite-t-il pas à vos yeux ? Vous ne pouvez songer à reprendre votre chaîne. Il faut partir avec votre fille pour quelque terre éloignée et plus clémente. Tout est préparé pour l'exécution de ce dessein.
MARIE
Monsieur, quelle est cette méprise? Je vous ai demandé deux heures de liberté pour venir embrasser ma fille et adresser une recommandation à un vieil ami. Ces deux heures de liberté, vous me les avez procurées, et je vous en garde une reconnaissance éternelle ; mais maintenant qu’elles sont écoulées, je retourne dans ma prison.
HENRI
Vous ne pouvez rentrer aux Madelonnettes ; les moyens à l’aide desquels vous en êtes sortie ne sont plus à notre disposition.