ACTE III, SCÈNE YIU, S
' HENRI
Vous!...
MAnie.
Vous voyez bien que vous ne pouvez m’aimer.
HENRI
Je vous aime toujours, madame; car je ne vous crois pas.
MARIE
Quoi, vous pensez...
HENRI
Oui, celle qui aime sa fille comme vous aimez la vôtre, celle que Dominique connaît depuis si longtemps, et à laquelle il est toujours dévoué, celle enfin qui est capable d’un pareil aveu; celle-là ne peut avoir commis les crimes que vous vous imputez 1 On vous en a accusée, je le veux bien ; il y a eu des indices, des preuves contre vous ; mais devant Dieu, êtes-vous coupable?
MARIE
Je ne dois...
HENRI
Etes-vous coupable? A votre tour de me répondre.
MARIE
J’ai été accusée et condamnée.
HENRI
Ali! vous êtes innocente; vous le voyez bien!
MARIE
Eh bien, oui, je suis innocente! oui, devant Dieu et sur la tête de ma fille, je n’ai commis aucun des crimes pour lesquels je subis une expiation si dure; mais c’est une raison de plus pour que je retourne dans ma prison. Car enfin, que me restet-il dans un si grand naufrage? ma conscience et l’opinion de quelques amis; que diraient ces amis s’ils apprenaient que je me suis enfuie avec vous, que je suis devenue votre maîtresse?...
HENHI.
Madame...
MARIE
Allons, je vais retourner aux Madelonnettes, et vous ne chercherez plus à me voir. Un cachot et des larmes sans lin, voilà ma destinée ; laissez-moi du courage pour la subir.