ACTE I, SCÈNE IV
ce malin au palais, et je lisais leur pensée sur leur visage... « Ce pauvre Robert Thomé, se disaient-ils, c’est un homme plein de savoir, plein d’éloquence... Pourquoi faut-il que ses distractions, ses flâneries continuelles aient toujours nui à ses succès? » Eh bien! la leçon est bonne et je veux en profiter. Autant je fus négligent et étourdi, autant je serai exact et attentif. Je ne manquerai plus une audience, je ne perdrai plus unecause ! et il faudra bien que la fortune vienneà moi, vois-tu, parce que c’est une femme, une coquette qui accorde difficilement ses faveurs, mais dont on triomphe toujours, quand on y met de l’adresse, de l’audace et de l’obstination.
MADAME THOMÉ
Comment un si bon mari fera-t-il pour s’occuper d’une autre femme que de la sienne?
THOMÉ
Bah ! après trente ans de constance, tu me pardonneras bien cette infidélité ! (Il l'embrasse a plusieurs reprises.)
LALOUETTE
Le patron s’échauffe; si je me retirais, par discrétion?
THOMÉ
Lalouette !
lalouette, revenant.
Monsieur?
Nous nous mettons à table ; ne déjeunez-vous pas aujourd’hui?