‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 76 sur 99 · ACTE IV, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XII

empressement avec lequel vous avez accepté ma cause. Je n’ai point dissimulé à madame Thomé tout ce que cette tâche offrait de danger.

Madame, je sais que votre fils est mort par un crime... Passez sur ces souvenirs douloureux , et dites-moi sur quelles preuves vous comptez appuyer votre requête au roi, à l'effet d’obtenir justice?...

LA .COMTESSE

Comment vous communiquer ces preuves sans vous parler de mon fils, de sa fin cruelle, des causes qui l'ont amenée P... 11 eut des torts, j'en conviens ; maié ces torts, si chèrement expiés, sa jeunesse les explique, le monde les excuse et sa mere vous supplie de les lui pardonner!

LA VERRIERE.

Le monde a des indulgences coupables. La séduction d'une femme mariée est un de ces crimes qu’il ne devrait jamais absoudre...

LA COMTESSE

La faute de mon fils n’eut point cette gravité... Celle qu’il aima longtemps et dont l’amour eut pour lui des suites si fatales, cette femme était veuve...

Que dites-vous?

LA COMTESSE

La vérité !

la verrière, s'asseyant.

Bien, madame, je vous écoute.

LA COMTESSE

Voici comment les preuves que je vou% apporte sont arrivées entre mes mains. U y a deux ans.. ..^{Marie entre par la gauche et se lient au fond en vue du public ; elle écoule le récit de la comtesse.) Quand mon fils quitta les colonies, je.lui avais donné, pour veiller sur lui, un domestique dont je connaissais le dévouement... Ce brave homme avait pour mission de m’écrire tous les mois, et longtemps il s’acquitta de ce devoir avec la plus scrupuleuse fidélité... Un jour pourtant, où j’attendais une lettre de lui, cette lettre n’arriva pas... un mois, deux mois se passèrent... rien... Vous jugez de mes craintes... elles se réalisèrent trop tôt... une lettre du ministre de la guerre m’apprit que mon fils avait été assassiné!...

Remettez-vous...

LA COMTESSE

Mon premier mouvement fut de partir pour la France... mais j’étais si faible, si souffrante... et puis je me disais que Jérôme, c’était le nom du domestique que j’avais donné à mon fils, ne pouvait tardera me rejoindre... je l’attendis... Pendant quatre ans cette attente fut vaine. Désespérée, j’allais partir, lorsqu’enfin Jérôme se présenta à mon habitation. Il était

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