‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 77 sur 99 · MADAME DE LA VEIUUÈRE · texte numérisé non relu

MADAME DE LA VEIUUÈRE

exténué, méconnaissable, mourant. Des secours habilement prodigués lui rendirent une apparence de force et de vie, et, témoin de la mort de mon fils, il m’apprit comment ce crime avait été commis... Vous pâlissez, monsieur!...

Oui, une souffrance habituelle... et plus vive en ce moment...

LA COMTESSE

Faut-il remettre?...

Oh ! non, non, continuez, je vous en prie.

LA COMTESSE

J’abrège les détails de son récit. Je vous dirai seulement qu’à Pans mon fils s’était lié avec une femme du monde, à laquelle il avait inspiré une vive passion. Son service l’appelant à Rouen, il dut se séparer de cette femme, et bientôt, grâce à l’absence, grâce â la légèreté de son âge, un amour nouveau s’empara de son imagination.

Ah!

LA COMTESSE

L’objet de ce nouvel amour était la femme d’un magistral haut placé, et jouissait d’une considération bien méritée, car elle était sage autant que belle... Sa résistance enflamma jusqu’à la folie le cœur déjà trop exalté de mon fils... si bien qu'il tomba malade et qu’une fièvre ardente jeta le trouble dans sa raison... Effrayé de sa maladie, Jérôme crut que le meilleur moyen de la faire cesser était de le mettre en présence de celle dont le nom revenait continuellement sur ses lèvres; et, comme cette femme était bien connue pour être un ange de charité, il lui écrivit qu’une famille mourante et privée de tout secours...

la verrière, se levant.

Ah ! cette histoire m’avait déjà été contée, mais je n’avais pas voulu y croire.... Quoi! c’est au nom des sentiments les plus sacrés qu’on l’attirait dans un abîme!... Ne continuez pas ce récit, madame... ou plutôt... si... si, achevez-le... j’ai besoin de vous entendre... (lise rassied.)

la comtesse, un peu élo"i xèe.

Cette noble femme arriva donc sans défiance jusqu’auprès du lit de mon fils; elle y était seule et n’avait pas encore eu le temps de le reconnaître, quand une autre femme apparut...

Masqhée ?

LA COMTESSE

Oui, masquée... Comment le savez-vous?

LA VERIUÈRE

C’était celle qu’il avait aimée à Paris.

Page 1