ACTE V, SCÈNE IV
perdus peut-être?... Je devine ce qui se passe : on va me reconduire auxMadelonnettes.
HERRI.
Mon père!...
THOMÉ
Tu as raison : il faut tout dire. U Marie.) Madame, votre situation est plus grave que vous ne le croyez. Comme ami, comme avocat, il est indispensable que je vous en instruise, et attendu que le temps nous presse, j’irai droit au fait sans plus de préparations. On avait d’abord cru que M. de La Verrière avait succombé à une atteinte du mal dont il souffrait depuis plusieurs années; un examen plus attentif a amené une cruelle découverte : M. de La Verrière est mort empoisonné.
MARIE
Empoisonné? lui? oh! monsieur Henri, dites-moi que cela est impossible...
HERRI.
C’est la vérité. • •
MARIE
Empoisonné? mais qui a pu commettre ce crime P qui avait intérêt à sa mort? Il faut que j’obtienne justice, entenaez-vous, et vous m’y aiderez, monsieur Thomé ! Voyons!... les soupçons ne sont-ils pas encore tombés sur personne?... Vous baissez les yeux?... vous refusez de me répondre?...
THOMÉ
Eh bien, c’est vous qu’on accuse.
marie, allant à Henri.
Ah ! vous ne me croyez pas coupable, n’est-ce pas?
HENRI
Oh! mon père, j’arrivais ici, troublé, incertain... je'ne savais que penser, ni que croire... mais ce cri est bien celui de l’innocence, et vous en ôtes aussi touché que moi !...
marie, revenant à elle.
Ainsi, on m’accuse d’avoir empoisonné monsieur de La Verrière ?
THOMÉ
Hélas !
Une empoisonneuse ! moi ? Ce coup me manquait.
THOMÉ
Permettez-vous...
MARIE
Vous avez raison. Il faut me remettre et raisonner avec l'impossible, puisqu’on m’y contraint. Je sors des Madelonnettes. Quel temps aurais-je choisi pourdonnerdu poison à mon mari?
THOMÉ
Le temps que vous avez passé avec lui dans cette salle basse où il est mort.
MARIE
J’aurais donc eu du poison sur moi ? oh me le sorais-je procuré?
TIIOMÔ.
Dans une armoire de pharmacie appartenant à mon fils, qui occupe un des angles de la pièce où vous vous trouviez.
MARIE
Mais cette armoire, je ne l'ai môme pas vue , vous m’en apprenez l’existence.
TUOMÉ.
Mon fils y conservait plusieurs poisons aussi rapides que la foudre,
MARIE
Mais une armoire où il y a des poisons se ferme ; je n’en ai jamais eu la clef. /
THOMtf.
Mon fils l’y avait laissée pour que vous puissiez y prendre un cordial dont vous paraissiez avoir besoin.