MA1UE
D’après toutes vos réponses, monsieur Henri est aussi coupable que moi,
THOMé.
Madame !...
MARIE
Allons, celte accusation est trop absurdo pour que je m’en inquiète. L’unique présomption qu’il y avait contre moi c'est mon passé ; oh bien ! ce passé, qui était ma honte, va devenir ma gloire; car encore une fois, les papiers de madame de Montbrun ^contiennent ma réhabilitation complète, et le monde va savoir la vérité. L’objet dont il faut s’occuper sur-le-champ est donc de retrouver ces papiers sauveurs. Il est impossible qu’ils aient été enlevés? Personne ne me veut du mal. Personne n’a d'intérêt à me les prendre. Allez donc, cher monsieur Tliorné ; cherchez, cherchez bien, je suis sûre que vous les trouverez. Vous me direz après les avoir lus, si, à part mon malheur, il y a au monde quelque chose de plus sûr que mon innocence ; vous’me direz s’il y a jamais eu une cause plus digne d’intérêt que la mienne.
THOMÔ.
Je la gagnerai, je la gagnerai, madame ; et à dater de ce moment je n’en doute plus. Tout s’explique et les conjectures de mon fils étaient justes. Monsieur de La Verrière aura cru reconnaître, dans celte armoire maudite, quelque drogue qu’il avait déjà prise, et au lieu d’un cordial sauveur, il a avalé du poison. J’expliquerai cela, clair comme le jour, à vos juges. Ah ! quelle cause à plaider ! quelle péroraison à faire ! Vous avez raison ; il n’y aura jamais eu de procès aussi intéressant que celui-là. (il sort.)