‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 16 sur 98 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

les hommes me suivoient parce que j'avois encore les o-râces de la jeunesse. J'ai vu de tout, mais toujours en Tout honneur : c'étoit une amitié d'estime et générale ; je ne voulois point être aimée en particulier de qui que ce soit, je voulois l'être de tout le monde, faire dire du bien de moi, faire un beau personnage et avoir l'approbation des honnêtes gens; c'étoit là mon idole, dont je suis peut-être punie présentement par l'excès de ma faveur. Quand je commençai à n'être plus si jeune, ces grands empressemens diminuèrent un peu, mais en même temps commença ma faveur; il n'y eut point d'intervalle : l'une succéda à l'autre. Je commençai à faire figure, et je continuai à travailler, par une conduite irréprochable, à m'attirer les louanges de tout le monde; il n'y a rien que je n'eusse été capable de faire et de souffrir pour faire dire du bien de moi; je me contraignois beaucoup, mais cela ne me coiitoit rien, pourvu que j'eusse une belle réputation : c'étoit là ma folie; je ne me souciois point de richesses, j'étois élevée de cent piques au-dessus de l'intérêt, mais je voulois de l'honneur.

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