‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 56 sur 98 · PREMIÈRE MAITRESSE DES ROI CES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE MAITRESSE DES ROI CES

Mamiscrils de Versailles. Lettres et avis, pagf^ 276.

Vous admirez beaucoup trop ce que je fais pour votre classe; mais, tel qu'il est, vous ne limitez pas assez. Vous parlez à vos enfans avec une sécheresse, un chagrin, une brusquerie qui vous fermera tous les cœurs. H faut qu'elles sentent que vous les aimez, que vous êtes fâchée de leurs fautes, pour leur propre intérêt, et que vous êtes pleine d'espérance qu'elles se corrigeront. Il faut les prendre avec adresse, les encourager, les louer; en un mot, il fout tout employer, excepté la rudesse, qui ne mène jamais personne à Dieu. Vous êtes trop d'une pièce, et vous seriez très-propre à vivre avec des saints; mais il faut savoir vous plier à toutes sortes de personnages, et surtout à celui d'une bonne mère qui a une grande fomille qu'elle aime également.

A M'"« DE r.Rl'EL.

Maiiuscrils de Versailles. Lettres et nrir, p:.jïe ISo.

J'ai toujours oublié de vous dire ce que j'ai remarqué, il y a quelques jours, en vous entendant expliquer l'Évangile. 11 me paroît que vous embrassiez trop de matières; il en faut peu pour des enfans. Vous parlez trop aussi, et je crois qu'il faudroit les faire parler davantage, pour

voir s'ils entendent et s'ils comprennent. Je trouvai encore (jue vous étiez très éloquente. Par exemple, vous dîtes (jifil fdlloit fiiire un divorce éternel avec le péché. Cela est vrai, et très bien dit; mais je ne crois pas qu'il y ait trois niles dans votre classe qui sachent ce que c'est qu'un divorce. Soyez simple et ne sonc^ez qu'à vous rendre bien intelligible. J'ai cru, ma chère fille, qne vous trouveriez bon que je vous donnasse ainsi mes avis à mesure que je vous verrai faire. Inspirez, je vous en conjure, à vos enfans les pralitiues de piété que j'ai toujours désirées chez vous, riiorreur du i)éché, la présence de Dieu, la docilité de se laisser conduire. Je vous demande encore de les conduire selon l'esprit de l'Église; j'ai écrit un petit abrégé qu'il faudroit suivre*. Ayez dans les classes une conduite uniforme, autant qu'il se pourra, et communiquez-nous tout ce que vous faites; n'innovez rien : vous ne pouvez comprendie combien vous rendrez parla le gouveinement des classes facile pour les maîtresses. Adieu, ma chère fille.

' M""" de Maintenoii désijj:ne prohnhiement ainsi son écrit ^^ul• VUsage qu'il faut faire des diverses fêles de Vannée, qui a été bien des lois pulilié (Voir Lavallée, Lettres cl entretiens sur l'cducalicn des filles, tome I, paji^e 72).

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