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A M. LE COMTE D'AYEN
Mnmisciils De Mdiicliy, I. III, p. 1.
Saiijcdi au soir (décombro 1701).
M'"Ma duchesse de Doui'gogne m'a di( qu'elle ne voyoit point ({iiAthalie réussît, que c'est une pièce fort froide, et plusieurs autres choses qui m'ont fait pénétrer, par la connoissance que j'ai de cette cour-là, que son personnage lui déplaît'. Elle veut jouer Josaheth, qu'elle ne
* Qui ue counaît de quolle r'nau},^e façon La Beauinollo a doliguiv ccMc leltio? c< Voilà donc Alhalie eiwovo londjôc! Le malliour poursuit tout ce que je protège et que j'aime. M"" la duchesse de Doui-gognc m'a dit quelle ne réussiroit pas, que c'étoit une pièce fort froide, que Racine s'en étoit repenti, que j'éfois la seule qui l'eslimois », etc. Que do fois on a cité ces lignes du faussaire, en s'exclamant sur le mauvais goût du ]»ublic, sur le bon goût de M""^^ de Mainlenon! Les archives De Moucliy nous rendent enlin le texte authentique, et l'on voit cond»ien il est diffèrent. — Dangeau nous apprend qn'Athnlic fut répétée chez M'"<^ de Maintenon le 28 janvier 1702, et iouèi devant le Iloi le 1 i, le 25 et le 25 février. H ne uonnne parmi les acteuis que la duchesse de Bourgogne. Avec Alhalie alterna r.4^- ^alon de Duché. La duchesse de Bourgogne avait dans cette dernière pièce le rôle de la lille d'Absalon. avec un habit magnilicpie, orné de toutes les i)ierreries de la couronne. Le duc d'Orléans (te futur Régent) représentait David, le comte d'Aven Absalon. La comtesse d'Aven, M"" de Melun, le petit comte de Noailles avaient les autres rôles. — Dans Alhalie, outre la distribution des rôles dont parle M""' de Maintenon, nous savons que le duc d'Orléans jouait le rôle d'Abner, et le comte d'Aven celui de Joad. En d'autres représenta-
jouera pas comme la comtesse d'Ayen ; mais, après avoir reçu ses honnêtelés là-dessus, je lui ai dit que ce n'étoit pas à elle à se contraindre dans une chose qui ne se fait que pour son plaisir; elle est ravie et trouve Athaîie une fort ])elle pièce. 11 faut la jouer, puisque nous y sommes engagés; mais en vérité il n'est pas agréable de s'ingérer de rien, non pas même pour eux. Vous faites aussi ces sortes de choses-là trop parfaites, trop magnifiques, et trop dépendantes d'eux. Si on y retourne l'année qui vient, il faudra y donner un autre tour. H fîuit donc que la comtesse d'A\en fasse Salomith; car, sans compter l'honnêteté qu'on doit à M"'*^ de Chailly, qu'on a fait venir exprès pour jouer Athalie, je ne puis me résoudre à voir la comtesse d'Ayen jouer la furieuse, lionsoir, mon cher neveu, que de dégoûts se trouvent en tout! que vous êtes heureux d'être sage ! Mais il faudra encore renoncer à votre sagesse, qui, telle qu'elle est, ne vous satisfera jamais entièrement*.
A M™*^ LA PRINCESSE DE SOUBISE
Œuvres de Louis A7F(1806), l. VI, p. 5:25.
Mardi matin (liu décoiiibre 1701].
Je ne m'aperçois point, madame, de la faveur dont vous m'assurez. 11 me paroi t qu'on ne sait que me dire quand on se trouve seul avec moi ; mais peut-être suis-je prévenue là-dessus. M'"^ la duchesse de liourgogne alla hier à Meudon ; elle n'y vit personne, et on lui fit jouer gros jeu, qui est sa passion dominante. On est très em-
tions, le comte d'Ayen eut le rôle d'Abncr, car M"»" de Mainlenon s'amuse à rai)[>elcr quelquefois de ce nom. (Voir le Mercure de février 1702.)
* Elle entend le renoncement ù la sagesse selon le monde pour la «a-^esse vraiment chrétienne.
Voii- la première note à la lettre du 20 octobre 1700.
barrasse avec tous ces gens-là. M. d'Anlin m'a écrit pour le faire duc ; il remue tout pour cela : l'aflaire ne me paroît pas en bon train*. 11 ne faut pourtant répondre de rien.
Je suis charmée, madame, de M. le coadjuteur de Strasbourg, et bien fâchée d'avoir vu un homme comme lui sur le grand chemin -. Rien n'est égal à la retenue et à la véritable modestie dont il reçut mes louanges ; car il n'est pas possible de s'empêcher de lui en donner. Vous êtes trop heureuse, madame, d'avoir mis au monde un prélat qui, selon toutes les apparences, sei^ira Dieu, l'Kglise et le Roi ^. J'ai peine à finir sur ce sujet, et je prends grand'part, madame, à la satisfaction que vous devez avoir, etc.