A M. L'ÉVÊQUE DE CHARTRES
Blanuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, t. IV, p. SOi.
Février 1702.
La voix publique vous aui^a appris, monsieur, la mauvaise nouvelle que nous reçûmes^; vous en avez été
* Ce ne fut qu'en 1711 que le marquis d'Anlin, dcboulo de ses prétentions au duché d'Épernon après la mort de son père M. de Montespan, fut nomme duc j)ar le Roi.
* Le coadjuteur de Strasbourg, abbé de Rolian, fils de M"»" de Soubise, fut nommé coadjuteur en 1701, évèque de Strasbourg^ on 1704, cardinal en 1712, grand aumônier en 1713. >'ous le retrouverons souvent dans les lettres de M"" de Maiutenon.
5 Voilà de sinf^uliéres paroles, si l'on se rapi»elle ce qui s'était dit des amours du Roi et de M'"^ de Soubise, et de la naissance de ce lils, futur cardinal de Rohan. Dans les liantes cliarpres ecclésiastiques auxquelles il fut appelé, il servit le Roi, selon Saint-Simon, mieux que l'Église et que Dieu.
* Godet, des Marais, directeur de M™" de Maintenon. Les lettres, fort nombreuses sans doute, que M"* de Maintenon lui écrivit ne se retrouvent plus. Elles ont été probablement détruites à cause de leur caractère confidentiel. Celle-ci a pu être épargnée parce qu'elle ne parlait que des affaires publiques.
* La prise de Crémone, où le maréchal de Villeroy se laissa surprendre de la manière la plus fâcheuse et fut fait prisonnier.
i LETTRES DE M"" DE MAOTENON.
affligVî par plus d'un endroit, l/inlérêt de l'État, la poino du Koi, la triste aventure du maiéchal de Villeroy, à qui vous êtes obligé, tout cela n'est que trop propre à se l'aire sentir par un cœur connue le vôtre. M. votre neveu s'est fait nonuner, et on ne dit pas qu'il soit blessé. C'est un miracle que les ennemis, après avoir été maîtres de Crémone par la Iraliison des habitans, en aient été chassés ; les troupes du Roi ont fait au delà de ce qu'on auroitpu leur demander, et chaque officier en son particulier a pris son parti avec une vigueur et une présence d'esprit qui a sauvé le Milanois. M. de Vendôme va commander l'armée.
Je vous supplie, monsieur, de charger quelque bon prêtre de dire tous les jours ime messe à la chapelle de la Sainte Vierge pour demander à Notre-Seigneur sa protection, et de continuer cette dévotion jusqu'à la fin de l'année.
A M- LE CARDINAL DE NOAILLES
Manuscrits De Moiioliy, t. I, p. IIG.
(:e2Grôvriei'(l70'2).
Le Uoi veut que je vous envoie la lettre du vicaire de Marly, car il a été bien touché de ce qu'il est docteur. Je vous avois bien dit, monseigneur, qu'il en fait grand cas, je dis des docteurs.
Je ne sais rien de nouveau depuis que j'ai eu l'honneur de vous voir; mais j'oubliai de vous demander un sermon du père Massillon à Saint-Cyr. 11 prendroit le jour qu'il voudroit et le sermon qui lui plairoit; il seroit dans une chaise à la grille : il n'y auroit que nous et je n'avertirois personne du dehors. Si vous lui faites cette prière de ma part, monseigneur, dites-lui du bien des dames de Saint-Louis, et qu'on ne respire à Saint-Cyr que
simplicité, docilité et humilité. Si après tout cela il ne lui convient pas de nous prêcher, je m'accommoderai lorl bien d'un refus.
Je crois, monseigneur, que la lettre du sieur Colin ne doit pas vous empêcher de chercher un curé pour Marly.
A M. LE COMTE D'AYEN
Mamisnils De Moucliy. l. 111, p. il.
5 mars (1702).
Je vous envoie cent louis pour M. Duché et un brevet d'une pension de mille francs que le Roi lui donne*; et vous V pouvez joindre une pension de moi de cinq cents francs si vous jugez qu'il en ail besoin et (ju'il veuille la prendre. Ronsoir, monsieur le comte, liiites travailler vi.lre bel esprit - à Déhora; il faut l'avoir de bonne heure.
M'"** la duchesse de Bourgogne envoie quarante louis à M. Rousseau'-; elle en voudroit donner davantage et ne veut pas qu'on la remercie.
A M. LE COMTE D'AYEN *
Manuscrit De Longuerue, fol. il. Incdile.
A Versailles, 12 juin (1702;.
Vous et moi sommes solides et ne comptons guère les démonstrations. Rien n'est plus froid que le commerce
» « Lo r.oi a donné une pension de mille livres à Duché, auteur de la comédie d'Absalon. que M">« la duchesse de IJourgo^nie a jouée cet hiver, et M"-' de Maintenon lui a envoyé cent pistoles. » Journal de Dangeau, dimanche 5 mars i702.
- Ce même Duché.
^ Jean-Baptiste Rousseau, né en 1G71.
* Le comte d'Aven était h l'armée d'Allemagne.
6 LETTRES DE M-"-^ DE MaINTE>0>'.
des gens prudents. Nous nous écrirons plus ou moins suivant les occasions; et quand nous ne nous écririons point du tout, nous ne devrions pas compter moins sur notre amitié. Conmie je ne connois pas si bien les dispositions de M. le marquis de la Valliére, je vous prie de lui dire quelque chose de ma part qui réponde à Teslime et au goût que j'ai pour lui. M. le maréchal de Noailles m'assure qu'il vous écrit tous les jours; ainsi il ne vous laissera pas ignorer que M. le Dauphin a la fièvre tierce, et que notre armée de Flandre marche aux ennemis. Adieu, mon cher comte ; je ne puis vous écrire sans avoir mal à la main; c'est une nouvelle incommodité qui apparemment augmentera avec l'âge.
A M. LK COMTE D'AYEN
M.iiiusciil Do Loiij,Mi(.M'uo, fol. 21». Iiiôdilo.
A Saiiit-Cyr, 18 juin (1702).
Je suis fâchée de votre absence ; mais je ne saurois désirer que vous donniez une bataille, je vous en demande pardon. Au l'este, je comprends votre ennui. J'ai souvent oui dire que celui d'un camp est insupporlable. M. le duc de J]ourgogne a fait retirer les ennemis et les approche de près. Ou mande toutes sortes de bien de lui. Dieu veuille que l'hiver soulieime la réputation de Tété! Xous avons vu des héros qui ne l'éloient pas de toutes les saisons.
M"*^ de Vianfais* a perdu son frère en Italie à l'attaque d'un petit fort. Nous allons jeudi à Trianon et de là à Marly sans revenir à Versailles. Adieu, mon cher comte,
' Fille d'honneur de la princesse de Conli.
je vous aime tendrement et je vous estime... je mettrois infiniment si je ne craignois de vous gâter, comme on me le reproche chez vous.