‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 63 sur 98 · A M- ]»K MONTALEMBERT, D\ME DE SAINT-LOUIS, MAITRESSE DES BLEIES · texte numérisé non relu

A M- ]»K MONTALEMBERT, D\ME DE SAINT-LOUIS, MAITRESSE DES BLEIES

Bil'I.iolh. iiiilionale. ilanuscrils. Fr., nouv. acq., 1458, p. 188i.

19 octobre (1705).

Vos dispositions sont à souhait, ma chère fille, et nous no pouvons trop louer Dieu de ce (lu'il fait pour vous par votre saint et hahile directeur. Je vous le dis encore, ma joie seroit parfaite si je vous voyois marcher aussi droit sans un si grand soutien; mais il faut avoir conllance en Dieu, et croire que la provision que vous faites présentement vous nourrira à l'avenir. L'amitié que vous avez pour vos filles ne vous nuira jamais tant que vous les aimerez également; les préférences perdroient les classes et vous-même; il n'en faut avoir que pour les plus sages, et celles-là ne doivent point faire rehuter les autres. On doit attendre les plus imparniites, et espérer qu'elles se cori'igeront. Pouniuoi ne leur demandez-vous pas tout ce que vous savez que je leur demanderois? Mon plus grand honneur à Saint-Cyr est qu'on s'y puisse passer de moi; ce que je fais ne seroit rien, et s'il y a quelque chose de hon, il faut qu'il passe à vous, mes chères enfans, et demeure toujours dans cette maison. Je souhaite de tout mon cœur qu'elle soit l'école de la vertu, et (lu'on y vive connue des anges, tandis que la corruption augmente tous les jours dans le monde. Que ne donnerois-je pas i)Our que vos filles vissent d'aussi près que je le vois coinhien nos jours sont longs ici, je ne dis pas seulement pour des persoimes revenues des folies de la jeunesse, je dis pour la jeunesse même qui meurt d'ennui parce qu'elle voudroit se divertir continuellement, et qu'elle ne trouve rien qui contente ce désir insatiable du plaisir? Je rame, en vérité, pour amuser M'»^ la duchesse de Bourgogne. 11 n'en seroit pas

ainsi, si on ne vouloit plaire qu'à Dieu, travailler et chanter ses louanges comme on fait chez vous; la paix que celte sorte de vie met dans le cœur est une joie solide et durable. Adieu, cette matière me mèneroit trop loin; je n'écris qu'à vous aujourd'hui ; assurez vos chères sœurs que les santés auxquelles elles s'intéressent sont fort bonnes.

A M. LE CARDINAL DE ISOÂILLES

Maiiuscrils De Mouchy, 1. 1, p. iOl.

(Marly), 2 novembre 1705.

•Je ne m'étonne plus, monseigneur, de la longueur du relieur : il vouloit faire un chef-d'œuvre des Heures di^ M™« la duchesse de Bourgogne et des miennes*. Dieu veuille que nous en profilions à proportion de la joie que nous avons eue de les recevoir! Mais vous faites des présens trop magnifiques et trop étendus; nous vous en rendons mille grâces, monseigneur. Pour moi, je ne trouve pas que j'aie besoin d'aucun autre livre, et il me semble que celui-là renferme tout.

Le Roi a eu de bons témoignages de l'abbé de la Serre, et il a disposé des évêchés vacans en faveur de deux hommes qu'il ne connoît pas ; Dieu veuille qu'il ait bien choisi! Je sais, monseigneur, que M. le maréchal de Noailles ne vous laisse rien ignorer de tout ce qui se passe ici, qui n'est pas grand'chose. Je ne trouve riert à vous dire, et si je vous parlois de moi, je ne ferois qu'afniger votre bon cœur.

» Ces Heures étaient un recueil (l'offices et de prières à l'usage du diocèse de Taris, composé par le cardinal de Noailles. Ce fut un livre fort répandu au dix-huitième siècle sous le nom d'Heures de ?ioaitles.

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