‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 64 sur 98 · AU MARÉCHAL DE TALLARD · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL DE TALLARD

Arcl.ives d» Drpôl de la {,'uorrc, vol. 16Gi, p. 67. Inôdilc.

A Saint- Cyr, -25 novembre (1703).

Vous no (lonioz pns, nionsimir, de la joie que j'ai de la nouvelle que M. de la Baume a apportée au Roi^; mais je vous supplie de me Unve la même justice sur celle que j'ai sentie de ce que c'est vous qui avez rendu un tel service. Je suis ravie de vous voir aussi heureux que vous êtes capable, et je vous supplie de croire, monsieur, qu il n'y a personne qui soit plus véritablement que moi votre très humble «'t très obéissante servante.

A M. LK DUC DK NO AILLES ^ Mamisrrils De Mouchy. t. HI, p. 65.

Ce il mars [ITOij.

Si le père Massillon connoissoit Saint-Cyr autant que moi, il n'auroit pu choisir un sujet plus convenable; et s'il avoit parlé devant le Uoi et toute la France, il n'auroit pu faire un plus beau sermon. Jamais on n'a fuit voir la vertu si aimable et si respectable, ni donné plus d'horreur du vice. Mais quel dommage, mon cher duc, qu une telle instruction ne dure qu'un moment, dans lequel il prononce avec tant de rapidité et avec une si prodigieuse quantité de choses à retenir que les unes font oublier les autres! Je voudrois bien vous piquer de jalousie en

1 le maniuis de la Raïunc était arrivé le 20 novembre à Versailles, apportant au I\oi la nouvelle de la victoire de Spire, gagnée le 15 par le maréchal de Tallard, son père.

* On lit dans le Journal de Dangeau, 20 janvier l.Oi : « Le m • réchal de Noailles a cédé son duché au comte d Ayen, son iils, qui prendra le nom de duc de Noailles ».

VOUS disant qu'en pareil cas M. le cardinal obtint un sermon par écrit. N'aurcz-vous pas bien autant de crédit sur un homme que vous aimez et admirez, et ne répondrezvous pas sur ma parole que ce sermon ne sera m vu m copié? Mais après avoir parlé pour Saint-Cyr et pour moi, il faut songer au bien public ; ces sermons ne seront-ils pas imprimés quelque jour?

Ne m'écrivez point si la posture vous fatigue ; mais dites à ma nièce de m'écrire tous les jours de vos nouvelles et des siennes. Elle a, il me semble, assez de loisir pour prendre ce soin-là. Je me porte assez bien présentement.

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