ACTE V. — SCENE III
HENRIETTE, derrière la grille au Geôlier.
Ordre du roi. Laissez-moi passer.
SAMUEL, la reconnaissant.
Henriette !
Le geôlier ouvre la grille. La jeune fille se jette dans les bras de Samuel- Mœe de Maintenon entre derrière elle.
HENRIETTE
Samuel! Il n'est pas trop tard! Rien n est fini. Vous avez eu pitié, mon Dieu. Soyez béni!
SAMUEL
Henriette !.. Ah! je sens se fondre mon courage. Je m'étais préparé pour l'éternel voyage ; Mais je songe, devant ce que je laisse ici : Est-il un ange au ciel pareil à celui-ci ?
MADAME DE MAINTENON, s'approchant.
Il vient pour vous sauver et c'est Dieu qui l'envoie
Samuel, soyez fort pour une grande joie. Celle dont vous avez soupçonné l'amitié Et qu'hier vous avez maudite sans pitié,
Vous allez voir comment elle se justifie....
Elle lui donne l'ordre de grâce.
Prenez.... Lisez.... Voici le bonheur et la vie.
SAMUEL
La vie et le bonheur? Ai-je bien entendu?
Ma grâce!... Ah? Cette fois, je suis vraiment perdu!
HENRIETTE
Mon Dieu! Le malheureux ne comprend pas encore... La marquise vous sauve...
SAMUEL
Elle me déshonore.
Moi? Quel nouveau malheur?...
SAMUEL
Mais vous ignorez donc Que mes amis, qui n'ont nul espoir de pardon, Mes amis dont la tête ici sera tranchée, Savent que je vous ai, par deux fois, approchée, Et, que d'affreux soupçons ces grands cœurs envahis. M'accusent hautement des les avoir trahis. — Mon innocence était par ma mort reconnue. Mais cette grâce infâme et par vous obtenue,