ACTE I. — SCÈNE II
L O U V O I s , haussant les épaules.
Un voyage au long cours !
Maître sot! Si le Roi l'épouse dans huit jours?
Grisard s'incline avec un geste de découragement.
Enfin, cherchez toujours, cherchez... et du silence.
GRISARD
Maintenant, je ferai part à votre Excellence D'un fait
LOUVOIS
Qui la concerne ?
GRISARD
Oui, — pas très important Mais qui, bien présenté, bien grossi, peut pourtant Auprès du roi lui rendre un très mauvais office.
L o u \- o I s Donc?
GRISARD
Me trouvant hier, pour cause de service, A Melun, d'où j'arrive à l'instant, tout botté. Je vis dans une auberge, où j'étais arrêté. Un vieux seigneur en noir, de mine huguenote. J'observai, — vous savez, l'habitude, — et pris note Qu'à table, — un capucin, qui dinait là, s'étant Signé selon l'usage, — il n'en fit pas autant.
LOUVOIS
Ah!
GRISARD
Pour savoir son nom, je me levai de table; Cela ne m'eut pas l'air d'être un nom véritable : Un nom, ça sonne clair ou faux, comme un écu.
LOUVOIS
Très juste, mons Grisard.
GRISARD
Déjà bien convaincu, — Je suis bon chien d'arrêt, — que j'étais sur la piste D'un notable meneur du parti calviniste. Dans son verre, à souper, je mets, tout simplement...
LOUVOIS
Hein?...
GRISARD
De quoi l'endormir assez profondément Pour l'aller voir la nuit, sans qu'il s'en scandalise, Et délicatement visiter sa valise.
LOUVOIS
Eh bien?...