LES MÊMES, L'ENVOYÉ DE HOLLANDE
DE CROIX SAIXT-PAUL, à T Envoyé.
Le Synode, Monsieur, veut bien qu'on vous entende.
l'envoyé Messieurs, Guillaume-Henri, Stadhouder de Hollande,
Mon maître, m'a chargé de vous faire savoir
Qu'il considérera toujours comme un devoir
D'aider et protéger le parti calviniste.
Son Altesse vous plaint et voit d'une âme triste
Les persécutions dont vous êtes l'objet.
Depuis longtemps le prince à vos malheurs songeait
Et voulait vous soustraire à tant de tyrannies.
Mais rien n'est mûr encor. Les Provinces-Unies
Saignent, vous le savez, de leurs récents combats.
Les hommes et l'argent manquent au Pays-Bas.
Nous avons, pour sujets fâcheux de rêveries
En France, les dévots, à Londres, les tories.
Les Hollandais, jadis vaincus par vos exploits,
Ont peur d'être forcés une seconde fois
D'inonder leur pays et d'ouvrir les écluses.
Ce ne sont point ici de banales excuses :
Mon maître est prêt, vous dis-je, à vous porter secours ;
Et si je fais valoir le prix de son concours.
C'est pour vous préparer à la juste requête
Dont je vais devant vous me faire l'interprète.
Pour sauver votre cause et garder votre foi,
Messieurs, le stadhouder vous fait tenir par moi,
Sur le champ, trois cent mille écus d'or et vous arme.
Quand la guerre civile aura jeté l'alarme,
Et lorsque l'étendard levé des protestants
Tiendra tout le midi, Guillaume, en même temps,
Au nord, envahissant la Belgique entamée,
Apparaîtra, suivi d'une nombreuse armée.
L'Empereur Léopold et le Roi Charles Deux
Entrent dans notre ligue, et, pour être sûrs d'eux,