ACTE II. — SCÈNE II
Nous venons de signer une alliance occulte. Vainqueur, le stadhouder rétablit votre culte Et de le maintenir toujours vous fait serment. Il exige de vous pour cela, seulement, De ne pas désarmer ni quitter la campagne Qu'il n'ait neutralisé, sans les rendre à l'Espagne, Par un traité de paix à la France accordé, Maubeuge, Saint-Omer, Valenciennes, Condé, Et tout le sol sur qui Louis Quatorze allègue Le droit qu'il a conquis à la paix de Nimégue,
TOUS, avec un long murmure.
Ah!
l'envoyé
Vous consentirez à ce pacte; sinon, Pas un écu sonnant, pas un coup de canon ! Voyez si vous devez refuser ou promettre; Mais c'est le dernier mot de mon auguste maître.
Après le discours de l'Envoyé de Hollande, le Synode présente un caractère de confusion ; puis on commence à distinguer quelques paroles dans le tumulte des entretiens.
UN MEMBRE DU SYNODE
Cette of&e est dérisoire.
M. DE TRAQY
Ah ! vous êtes bien prompt.
Il faut y réfléchir.
UN MEMBRE DU SYNODE
Les protestants mourront Tous, avant que de voir mutiler le royaume.
M. DE PONS
Mais, enfin, le pays que réclame Guillaume N'est français que depuis l'an soixante-dix-neuf, Après tout,
M. DE TRACY
Oui, le droit de conquête est tout neuf. Acceptons.
UN MEMBRE DU SYNODE
C'est infâme!
M. DE TRACY
Eh î non, c'est politique.
Vous êtes un trembleur !
UN MEMBRE DU SYNODE
Et vous un fanatique !
CROIX SAINT-PAUL
Silence. C'est assez de tumulte et d'émoi. Aucun de vous n'a plus rien à dire !