‹ Madame de MaintenonChapitre 57 sur 128 · ACTE II. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE V

SAMUEL

Un chrétien doit souffrir. C'est à Dieu de venger.

CROIX SAINT-PAUL

Personne ne vous a conseillé ?

SAMUEL

Moiî... Personne!

CROIX SAIKT-PAUL, lui prenant k main.

On doit toute franchise au frère qu'on soupçonne. Votre main dans ma main, dites-moi : ces avis Qui par nos compagnons viennent d'être suivis, Nul ne nous les a donc inspirés ?

SAMUEL

Cette offense ! . . .

CROIX SAINT-PAUL

Vous êtes innocent; nous le croyons d'avance. Mais là, par votre honneur, frère, par votre nom, Qu'alliez-vous ce matin dire à la Maintenon ?

SAMUEL

Vous savez?...

Qu'aujourd'hui vous étiez à Versailles.

SAMUEL, avec calme.

Voyez si je rougis et si ma main tressaille, Ou si dans ce regard vous lisez un remord.

CROIX SAINT-PAUL

Mais cette femme?...

SAMUEL

Assez. C'est le secret d'un mort, C'est un devoir sacré qui m'a conduit prés d'elle. Je n'en dirai pas plus.

CROIX SAINT-PAUL

Donc, vous êtes fidèle ?

SAMUEL

Autant que dévoué, je vous en fais serment.

CROIX SAINT-PAUL

Et si je m'adressais à votre dévouement Pour un danger?...

SAMUEL

Je suis tout prêt.

M. DE PONS, bas à Croix Saint-Paul.

Ce que vous faites Est grave. Du secret dépendent nos trois têtes.

Page 1