SCÈNE PREMIÈRE
LA COxMTESSE, LE CHEVALIER, GROUPES DE COURTISANS
Au lever du rideau, des seigneurs et des dames circulent en scène, ou traver sent la galerie du fond. On entend un orchestre lointain, qui joue un air de menuet jusqu'à la fin de la scène première.
LA COMTESSE, au chevalier.
Eh bien, que dites-vous de la fête ?
LE CHEVALIER
Comtesse, Elle est d'une absolue et parfaite tristesse. Les dévots courtisans, dans ces graves salons, Sont tous scandalisés du bruit des violons.
Ces fleurs même, oui, ces fleurs, prennent des airs pudiques.
LA COMTESSE
Comme il est loin, le temps des Amants magnifiques, Lorsque le jeune roi dansait dans les ballets !
LE CHEVALIER
Ces beaux jours sont passés, comtesse, oubliez-les.
LA COMTESSE
Faisons notre salut. C'est la dernière mode.
LE CHEVALIER
Avec cela, vraiment, que la chose est commode. A la moindre parole on vous blâme, aussitôt, Ou d'être jansénite ou d'être huguenot ; Une église est proscrite et l'autre détestée, Et le meilleur parti c'est encor d'être athée.
LA COMTESSE
Hein ? Si le Roi savait ce que vous dites-là !
La Marquise entre au fond, suivie de Nanon et saluée par les courtisans qui s'éloignent peu à peu.
LA COMTESSE, l'apercevant.
La marquise !