ACTE III. — SCÈNE II
MADAME DE MAIXTEXOX
Et qu'as-tu fait, Nanon, de ce psautier Du pauvre mort ?
NANON
Hier, je l'ai serré, — pour cause, — Dans votre chambre, au fond du coffre en bois de rose, Et j'ai soin de fermer ce meuble à triple tour. Je crains les espions.
Ah ! cette horrible cour !
NANON
Quel découragement funeste vous entraîne, Madame, qui devez être bientôt ma reine ?
MADAME DE MAIXTENOX
Reine ! Ah ! ce mot cruel, ne le prononce pas. Je n'ose même plus me le dire tout bas. Et, crois-moi, si j'étais au début de ma vie. Cette route par moi ne serait plus gravie. Ce calvaire du trône, où j'ai tombé vingt fois, Sous le poids d'un désir aussi lourd qu'une croix !
Après un silence.
— Pauvre Nanon ! Quand donc me verras-tu sourire ?