ACTE III. — SCÈNE VI
Ils viendront adresser leur humble révérence
Bien plus à la Scarron qu'à la reine de France !
Oh ! quel bonheur amer !... Mais, je l'aurai du moins...
Pendant les dernières paroles de la nrarquise, Samuel est entré, a reconnu la marquise et s'est approché d'elle.
M A D x\ M E DE MAINTENON, reconnaissant Samuel .
Samuel !
SAMUEL
Je puis donc vous parler sans témoin...
— Vous revenez vers moi ?
■ N'en soyez pas surprise.
Je n'ai d'espoir qu'en vous et mon orgueil se brise.
Parlez ! que vous faut-il ?
SAMUEL
Henriette!...
MADAME DE MAINTENON, inquiète.
Mon Dieu !
SAMUEL
Vous l'avez, prés de vous, attirée en ce lieu Afin qu'elle abjurât la foi de sa famille ; Et c'est dans l'intérêt de cette jeune fille Que vous avez agi, je le crois, j'en suis sûr. Madame ; mais au nom de l'amour noble et pur Qu'Antoine vous garda dans sa longue misère, Au nom de Famitié que votre cœur sincère, En souvenir du mort, offrit au survivant, Ne cherchez plus à faire abjurer cette enfant. Qu'à sa religion elle reste fidèle, Car, voyez-vous, je Taime et je suis aimé d'elle. Et, puisque vous voulez notre bonheur, laissez Devant le même autel s'unir deux fiancés.
MADAME DE MAINTEN ON, à part.
Fatalité ! c'est lui qu'elle aime !
SAMUEL
Quoi ! Madame, Vous vous taisez ? Songez que ce que je réclame Est juste, et que ma voix vous prie au nom d'un mort.