ACTE III. — SCENE VI
MADAME DE MAINTENON, à part.
Ils s'aiment ! J'ai détruit leur bonheur. O remord !
SAMUEL
Vous vous taisez toujours... Seriez-vous insensible ?..
MADAME DE MAIXTENON
Ce que vous demandez, hélas ! n'est plus possible.
SAMUEL
Plus possible ?
MADAxME DE MAINTENON
Henriette, ici-même, à l'instant, A promis d'abjurer le culte protestant.
Devant le roi, qui l'a conduite à la chapelle.
SAMUEL
Mensonge ! Elle jurait, hier, je me rappelle,
Tout le contraire, à moi !... Mensonge et trahison !
Vous ne savez pas tout... Son père est en prison,
Mêlé dans un complot calviniste. Que sais-je?
Oh ! c'est affreux !... Louvois avait tendu le piège...
J'ai moi-même poussé l'enfant aux pieds du roi !
Et vous l'aimiez ? Pourquoi venir si tard ? Pourquoi ?
Henriette a juré, mais pour sauver son père !
SAMUEL
Non, c'est vous qui l'avez traînée en ce repaire, Vous qui l'avez contrainte à cette lâcheté !
Mais le comte accusé de lèse-majesté ?... Songez-y donc... Louvois préparant le supplice ? ..
SAMUEL
Qui me dit qu'en cela vous n'étiez pas complice ?
Samuel !
SAMUEL
Finissons. J'étais venu vers vous, Moins sévère, l'esprit calmé, le cœur plus doux; Vous teniez mon bonheur dans votre main fermée ; Vous n'aviez qu'à l'ouvrir et je vous eusse aimée. Maintenant, grâce à vous je n'ai plus qu'à mourir.
Que dit-il ?
SAMUEL
Un danger m'attend, j'y vais courir.
Je demande au destin la mort comme une aumône.., Vous, courage ! marchez hardiment jusqu'au trône,