ACTE III. — SCÈNE VU
MADAME DE MAINTENON, à part.
Sa femme, aujourd'hui même... et la reine demain.
Haut et voulant s'agenouiller.
Ah ! Sire, à vos genoux, je veux, du fond de Tàme, Vous exprin:>er...
LE ROI, l'arrêtant.
Ma place est aux vôtres, madame.
Puisque de consentir vous me faites l'honneur ?
Oh ! prenez garde... On peut mourir d"un tel bonheur.
LE ROI
Il faudra le cacher, pourtant, avec prudence. Hélas ! — Si j'ai voulu qu'en cette confidence Mon ministre, monsieur de Louvois, fût admis, C'est qu'il doit désormais être de vos amis. — Recevez, maintenant, l'anneau des épousailles.
MADAME DE MAINTENON ivre d'orgueil et de joie, pendant que le roi lui met un anneau au doigt.
Ah !
LE ROI
Monsieur de Harlay, demain, vient à Versailles, Dans la nuit, nous donner le sacrement divin. Nos témoins sont Louvois et Montchevreuil ; enfin
ii8 MADAME DE MAINTENOX
Mon pieux confesseur célébrera la messe.
Vous avez ma parole et j\ii votre promesse :
Tout est dit. Entre nous rien ne sera changé ;
Le monde ignorera notre amour partagé.
Mais, lorsque je me tais, mon regard seul ordonne,
Et la Cour comprendra le rang que je vous donne.
MADAME DE MAINTEKON
Sire, je dirais mal ce que mon cœur ressent. Permettez-donc que j'aille aux pieds du Tout-Puissant, Qui m'a tracé vers vous une invisible voie, X^erser mes pleurs d'amour, de tendresse et de joie.
M""' de Mainteuou s^ncliue et baise la main du Roi, puis il la reconduit jusqu'au fond et elle sort.