‹ Madame de MaintenonChapitre 82 sur 128 · ACTE III. — SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE III. — SCENE XI

SAMUEL, avec épouvante.

Mon Dieu!

LOUVOIS

Rendez-moi vos épées, Messieurs.

Un officier désarme les conspirateurs.

Vous achevez le parti protestant, Et vous vous doutez bien du sort qui vous attend, Recommandez à Dieu votre âme tout de suite ; Car le roi ne veut pas que ce fait s'ébruite; Et votre châtiment aura pour horizon Les quatre murs muets et sourds d'une prison.

CROIX SAINT-PAUL, avec force.

Nous serons des mart}TS ignorés de l'histoire ; Mais Dieu nous jugera.

L O U V O I s , s'adressant à Samuel, avec ironie.

Pour VOUS, je n'ose croire Que comme vos amis vous alliez à la mort. La marquise peut bien adoucir votre sort : Vous êtes si puissant auprès de cette dame

SAMUEL

Moi!

CROIX SAINT-PAUL

Qu'entends-je?

SAMUEL

Ah ! monsieur le marquis, c'est infâme ! Je ne vous connais point. Rien ne vous a permis De me déshonorer aux yeux de mes amis. — Sanglant, comme le leur, que mon sort s'accomplisse; Je veux ma part de gloire et ma part de supplice.

LOUVOIS

Peu m'importe. Il suffit que vous me compreniez.

SAMUEL, stupéfait.

Ah!

LOUVOIS, à l'officier.

Navailles, menez ces quatre prisonniers A la Bastille, avec les mesures d'usage.

CROIX SAINT-PAUL, s'arrachant des mains de ses gardiens et courant vers SamueL

Traître! je te maudis et te crache au visage.

Les soldats retiennent de Croix Saint-Paul et Samuel, qui veulent s'élancer l'un sur l'autre. — Le rideau tombe.

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