ACTE IV. — SCÈNE IV
MADAME DE MAIXTEXON
Sa Majesté, pour moi, prend bien trop d'intérêt. L'indisposition sans doute est passagère.
LE ROI
Non pas. Votre santé plus qu'à vous nous est chère. Voyez monsieur Fagon.
A Louvois, qu'il conduit dans un coin.
Ah ! quatre mots, marquis.
NANON, bas, à la marquise, en l'aidant à s'installer à sa Upisserie.
Eh bien, que disiez-vous ? Le roi vous est acquis ; Vous le voyez. Toujours la même courtoisie.
MADAME DE MAIXTEXON, bas à Nanon.
Je ne me trompe pas ; son regard m'a saisie. Et sa colère est prés d'éclater, c'est certain.
LE ROI, bas à Louvois.
Ainsi donc on les a jugés et, ce matin. Ces quatre scélérats qui, sans peur ni vergogne, Voulaient porter la main sur le duc de Bourgogne, Ont été condamnés à mort.
LOUVOIS
Et, sans surseoir, Ils seront en secret décapités ce soir.
LE ROI
Leurs noms ?
LOUVOIS
Permettez-moi de garder le silence, Sire, car je vais mettre en vos mains la balance Et vous allez peser un terrible attentat. Tout-à-l'heure, en traitant les affaires d'État, Que Votre Majesté, quoique je dise et fasse. Observe la marquise et la regarde en face. Et ne la perde pas un seul instant des yeux.
Ce langage, marquis, est bien mystérieux.
Je suivrai ce conseil, pourtant, quoiqu'il m'en coûte.
— Faites donc.
Il va auprès de madame de Maintenon et fait signe aux ministres de s'asseoir.
Travaillons, messieurs. Je vous écoute.
Tous prennent place, le roi dans son fauteuil^ à côté de la marquise qui fait de la tapisserie les yeux baissés, et Louvois et les ministres à la table, à gauche . Nanon s'est retirée discrètement.
L ou vois, tirant les dépêches des sacs et en ouvrant une.
De Hollande. — On signale à Votre Majesté
Que le grand Stadhouder fait l'hospitalité
Bien large aux protestants qui quittent le royame.
LE ROI
Je connais le chemin qui mène chez Guillaume ; Je ne l'engage pas à trop s'occuper d'eux.