‹ Madame de MaintenonChapitre 22 sur 36 · Mmes de La Fayette, d’Heudicour et de Coulanges · texte numérisé non relu

Mmes de La Fayette, d’Heudicour et de Coulanges

HISTOIRE

Celle-ci revint en novembre, après avoir séjourné quelque temps à Niort et dans les environs , visité tous les lieux qui lui rappelaient quelques souvenirs d’enfance, sans en excepter la prison, et fait ou renouvelé connaissance avec tous les membres de sa famille*. Mme dcSévigné nous apprend quelques circonstances de ce retour : « Rien ne fut plus agréable que la surprise qu’on fit au roi. Il n’attendait M. du Maine que le lendemain ; il le vit entrer dans sa chambre, marchant, et mené seulement par la main de Mme deMaintenon. Ce fut un transport de joie. M. de Louvois alla voir, en arrivant, cette gouvernante; elle soupa chez Mme de Richelieu , les uns lui baisant la main , les autres la robe , et elle se moquant d’eux tous, si elle n’est bien changée ; mais on dit qu’elle l’est. »

Cet on dit reparaît, à quelque temps de là, dans une autre lettre de la même à la même. « Je suis étonnée de ce qu’on m’apprepd de Mme de Maintenon. On dit qu’elle n’est plus si fort l’admiration

I. Elle trouva chez l’un d’eux les mémoires de son grand-père, Théodore Agrippa, et d’autres papiers importants. « Parmi ces papiers, écrit-elle à son frère, plusieurs m’ont fait voir nos prétentions sur Surineau. Je pourrai bien faire quelques pas contre les usurpateurs. Mais je vous assure que si je prends ce parti-là, je commencerai par des propositions très-douces et très-raisonnables, non à cause du père, mais à cause des filles, que je ne voudrais pas ruiner. » Ce trait est précieux et prouve , en dépit de Saint-Simon et des autres détracteurs de Mme de Maintenon , qu’elle ne fut ni avare ni vindicative.

de tout le monde, et que le proverbe a fait son effet sur elle. Mon amie de Lyon 1 m’en paraît moins coiffée. La dame d’honneur* môme n’a plus les mômes empressements, et cela fait faire, des réflexions morales et chrétiennes à ma petite amie. *

Le roi prodiguait, en effet, à Mme deMaintenon, les marques de considération et d’estime , et saisissait toutes les occasions de lui adresser des mots flatteurs. Atys est bien heureux! lui dil-d un jour qu’elle déclarait préférer l’opéra d’Atys à tous les autres, et cette galanterie fut accompagnée d’un regard ardent que toutes les personnes présentes remarquèrent. Il n’est pas étonnant que ceux qui jadis lui avaient ouvert la voie , trouvassent qu’elle allait trop vite et trop loin ; il ne l’est pas davantage qu’elle môme fût quelquefois éblouie d’une fortune aussi brillante et aussi peu espérée. Peutêtre commit-elle, en effet, quelques imprudences, qui durent être sévèrement jugées. Mme de Montespan était là, d’ailleurs, qui l’observait d’un œil jaloux, et relevait avec aigreur les plus légères circonstances. Mais, l’année suivante, la prudence de celle-ci s’endormit de nouveau, et la confiance lui revint avec la victoire.

Le carême, cette année -là, se compliqua d’un jubilé. Le roi édifia la cour par la manière dont il

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