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Elle était dame du palais de la reine

DE MADAME DE MAINTENON. Gi7

verrait Mme de Montespan qu’en leur compagnie. Mais insensiblement il l’attira dans une fenêtre ; ils se parlèrent bas assez longtemps, pleurèrent, et se dirent ce qu’on a accoutumé de dire en pareil cas. Ils firent ensuite une profonde révérence à ces vénérables matrones, passèrent dans une autre chambre , et il en avint Mme la duchesse d’Orléans , et ensuite M. le comte de Toulouse. »

On ne peut douter que ce dénoùment n’ait causé un amer désappointement à Mme de Maintenon.

Elle en parle, dans une lettre à Mme de Sainl- Géran , avec un dépit très-marqué , et son ardeur à prendre une revanche de cette partie perdue prouve que la séparation du roi et de Mme de Montespan était dès lors sa grande affaire et l’objet de ses désirs les plus vifs. « Je vous l’avais bien dit , que M. de Condom jouerait dans cette affaire un personnage de dupe ! 11 a beaucoup d’esprit , mais il n’a pas celui de la cour. Avec tout son zèle , il a fait précisément ce que Lauzun aurait eu honte de faire. 11 voulait les convertir, et il les a raccommodés ! C’est une chose inutile, madame, que tous ces projets. Il n’y a que le père de La Chaise qui puisse les faire réussir. Il a déploré vingt fois avqc moi les égarements du roi ^ mais pourquoi ne lui interdit-il pas absolument l’usage des sacrements? Il se contente d’une demi-conversion. Vous voyez bien qu’il y a du vrai dans les petites let-

HISTOIRE

très'. Le père de La Chaise est un honnête homme, mais l’air de la cour gâte la vertu la plus pure , et adoucit la plus sévère. »

Cette lettre respire un zèle passionné qui est bien loin du calme habituel de Mme de Maintenon. Ce zèle était-il pur de tout alliage? et Mme de Maintenon n’avait-elle réellement en vue que l’intérêt du ciel , sans aucun retour sur son intérêt propre? Pouvait-elle ne pas voir que, Mme de Montespan écartée, son influence, à elle, resterait sans rivale à la cour? . *

Mme de Montespan avait repris extérieurement tout son empire; mais cet empire était fondé maintenant sur les souvenirs, sur l’habitude, bien plus que sur une véritable passion. Elle approchait de quarante ans, et sa beauté, quoique merveilleuse encore, si l’on en croit les contemporains, n’avait plus pour Louis XIV le charme des premières années, ni l’attrait de l’inconnu. Il fallait à ce sultan blasé des distractions, et les distractions venaient s’offrir à lui d’elles-mêmes. Ce fut d’abord Mme de Soubise, qui l’occupait déjà six semaines après le raccommodement dont nous avons parlé. Ce fut bientôt Mlle de Ludres, étoile filante, qui ne brilla qu’un moment. Ce fut enfin Mlle de Fontanges, dont le triomphe eut plus d’éclat et de

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