INTRODUCTION. XXIX
du roi, recevant des compliments sur cette douleur, sans qu'il entrât dans la tête d'un seul courtisan de lui en faire des reproches. Quoi ! l'honnêteté mondaine ira plus loin que la charité !... On dit que dans les classes elles en seraient moins respectées... je mettrais ces fautes au nombre des plus punissables ; celles qui auront le cœur bien
fait en seront incapables, et il faut redresser les autres
Je dis tout ceci pour la justice et pour l'envie que j'ai que nos filles aient l'esprit et le cœur bien faits... Il n'est pas besoin, Monsieur^ de les recommander à votr'3 charité. Je prie Dieu de les consoler et de les bénir. «
Cette femme, si distinguée à tant d'égards, a donc, même comme écrivain, de belles et hautes qualités, un style pur, clair, d'un dessin ferme, et capable quelquefois d'énergie et de flamme. Ecoutons-la quand elle s'anime dans sa passion dominante^ presque unique, qui est pour Saint-Cyr. L'imagination dans l'expression apparaît : « Rien ne m'est plus cher que mes enfants de Saint-Cyr; j'en aime tout, jusqu'à leur poussière. » Et encore : ce Vive Saint-Cyr! Prions Dieu pour qu'il vive autant que la France et la France autant que le monde ! » Est-ce bien elle, associant son amour pour son troupeau à son amour pour le royaume, et, dans son zèle d'institutrice, laissant échapper un cri de reine ! Quelles qu'aient pu être les fautes politiques de cette illustre femme, il lui a été sans doute beaucoup pardonné, parce qu'elle a beaucoup aimé Dieu, les enfants et Athalie.