‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 102 sur 204 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

DE

50« décembre [1669].

H y a si longtemps que je n'ai entendu parler de vous que je ne puis m'empêcher de vous demander des nouvelles de la disposition de votre esprit, car, pour vos affaires, ce seroit à moi à vous en instruire. M. Colbert promet des merveilles sur les mémoires que Ton lui a donnés, et j'ai cru lui avoir fait entendre, que c'est une justice que Ton ren-

* On trouvera parmi ces lettres celles, en bien petit nombre d'ailleurs, que nous avons cru devoir publier, soit en entier, soit par frag- "ïents, dans l'étude qui précède.

.^tle reproduction était indispensable pour que le lecteur eut, réu- •^les dans le même cadre, toutes les lettres que nous avons recueillies.

Je dois la copie de cette lettre à l'obligeance de M. Doutron, dont le ^mei d'autographes estj pour l'histoire de France à toutes les épolyes, une mine inépuisable. — On lit au dos de la lettre : Pour Mon- ^teur de Losun. La lettre a encore ses deux cachels intacts et des lacs de ^'e rose. Pas de signature, comme dans la plupart de celles qu'on I^ssède de madame de Montespan à cette époque.

Quant à l'orthographe, ce qui suit suffira pour édifier le lecleur : * iiliasy lontant que je n'ay antandu parler de vous que je ne puis man-

droit à tout le monde. Pour le resle^, je ne puis rien vo dire de positif, mais j*ai un rayon d'espérance.

Je souhaite que personne* ne vienne à Versailles, c j'ai déjà vu des retours fâcheux en de pareilles occasion et ce que vous devez croire est, que Ton n'oublie rien tout ce qui peut vous être bon, et que je fais beaucoup pl^ pour vous servir que je ne ferois pour moi-même.

A Saint-Germain, à une heure [1G70].

M. Colbert est à Versailles, et je me disposois à TaL chercher en sortant de table; mais, comme je parlois mon voyage, le roi dit qu'il y menoit la reine aprés-dîn et qu'il n'y alloit que ce qui seroit dans son carrosse. 7i semblablement, je devrois avoir place ; mais il n'y a po de règle sur ce qui a rapport à moi*. Ainsi, il faut attend jusqu'à demain au soir que doit revenir M. Colbert poi que je lui puisse parler ; et comme vous croyez que Mad» moiselle vous redemandera ses lettres, je vous les renvois mais si vous pouvez les ravoir ou les garder, il seroit k

peschery etc. » Et, dans cette autre Ictlre au duc de Noailles : aitéu si convainquue de vostre amitié et je vous ay vu prandre tant dep8 à ce qui me regarde, que je croy que vous serest bien ese de continu* a an nestre instruit, etc. »

' Ceci paraît se rapporter à la charge de grand maître de l'artiller que Louis XIV avait, dit-on, promise à Lauzun. — D'autre part, le 19 d' cerabre 1670, Louis XIV prévint les ambassadeurs de France à l'élrang' qu'après avoir consenti au mariage de Lauzun avec Mademoiselle, venait de retirer sa parole (voir chap. n, p. 32). La présente lettre ptrt devoir être du 50 décembre 1669.

* Sans doute Lou vois. Voir V Étude biographique, chap. ii, p. 53,nol

* Isographie des hommes célèbres, t. III, lettre non signée.

* Si brillalite qu'elle fût, la place avait ses épines.

i)E SÂ FAMILLE ET DE SES ÂMlS. 210

que vous me les renvoyassiez demain pour que je les y puisse montrer.

Je comprends bien tout ce que vous me mandez, et vous devez croire que je pense et souhaite tout comme vous là-dessus '.

A Saint-Germain, ce vendredi 2 heures [1670].

J'ai fait voir voire lettre et j'en ai parlé dès hier, de la part de Mademoiselle, pour avoir un ordre du roi. Il m'a dit qu'il ne comprenoit pas quelle sorte d'ordre on vouloit qu'il donnât, parce qu'il falloit un lieu ou une raison. J'ai écrit à Mademoiselle la même chose. Je vous en avertis, A que vous la déterminiez à ce que vous voudrez.

M. Colbert n'arrivera que ce soir ; je ne manquerai pas de lui faire voir votre lettre, et si tout cet embarras con-

^ Il n'est pas sans intérêt de reproduire ici une lettre de Louis XIV * Colbert, du 27 septembre 1671, où il est question de Lauzun :

«Je vous envoie les lettres et le mémoire que Lauzun a fait de ce que ^Ite femme a dit. Vous vous en servirez comme vous le jugerez à pro- Pos; mais ne désirant pas de rendre cette affaire publique, et ne vouwnt que tirer d'elle ce qui l'a obligée de faire ce qu'elle a fait, il me ^nablequeM. Pussort (conseiller d'État, oncle de Colbert) pourroit 1 interroger en particulier, et après qu'il m'aura rendu compte de ses réponses, je ferai ce qui sera estimé à propos. » (Documents inédits punies par M. Cliampollion-Figeac, t. H, p. 520.)

Quelle était cette affaire ? Qui était cette femme? H y a bien des ^%mes dans les correspondances du temps. Tous ceux qui écrivent Semblent persuadés que leurs lettres tomberont en des mains infidèles fit s'étudient, toutes les fois qu'il s'agit d'affaires, à rester dans les généraUtés.

^Iconographie française, t. II; lettre autographe, non signée. L'orignal appartient à H. Chambry.

La lettre de cachet en vertu de laquelle Lauzun fut envoyé à Pigne-

tinue, j'irai un jour à Paris. Comme Mademoiselle le sau vous le saurez aussi.

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