MADAME DE MONTESPAN AU DUC DE NOAILLES
Ce jeudi [avril 1679].
Je suis si convaincue de votre amitié, et je vous ai vu praJ dre tant de part à ce qui me regarde, que je crois que von serez bien aise de continuer à en être instruit.
' Le roi, à la suite d'une pointe sur la Lorraine, s'était retourn subitement sur la Belgique et venait de prendre Gand , Ypres, i quitta l'armée le 2 juin, et revint s'établir à Saint-Germain.
* Œuvres de Louis XIV, t. Y, p. 576.
* Bibl. du Louvre. Ms. 325-3. Correspondance de NoailleSf fol. 4^ Lf'ttrc autographe, non signée. Cette lettre a déjà été publiée dans liuUetin de la Société de Vhistoire de France, 1851-1852, p. 320.
k mon retour, le roi me dit qu'il a voit envoyé H. Colbert proposer à madame la comtesse* de se défaire de sa charge. Elle dit qu'elle viendroit le trouver. Elle vint en effet hier. 11 lui dit les mômes choses qu'il lui avoit mandées. Elle demanda un jour pour en parler à madame la princesse de Carignan' et ne donna point encore sa réponse.
Du reste, tout est fort paisible ici. Le roi ne vient dans ma chambre qu'après la messe et après souper. Il vaut beaucoup Diicux se voir peu avec liberté que souvent avec de l'embarras. Madame deHaintcnon est demeurée pour quelque légère indisposition ; le duc du Maine est avec elle.
Voilà toutes les nouvelles du logis. Je vous prie de faire mes complimens à madame la duchesse de Noailles. Vous m'obligerez aussi de me [faire] chercher du velours verl ; et je voudrois bien qu'il ne fAt pas si cher qu*à l'ordinaire.