‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 116 sur 204 · MADAME DE MONTESPAN AU DUC DE NOAILLES · texte numérisé non relu

MADAME DE MONTESPAN AU DUC DE NOAILLES

[Fin de 1070.)

Vous savez bien que toutes les charges de chez madame

* « La comtesse de Soissons (Olympe Mancini), écrit Dussy, le ^^ avril 1070, a eu une espèce d'ordre de se défaire de 8a charge de 'urintendanle de la maison de la reine entre les mains de madamr de ^ontespan. On me mande que tout le monde a été surpris de voir lu ^Itresse recevoir une marque de faveur extraordinaire dans le temps lu'on la croyoit prête à tomber; mais je croirois assez que le roi, jubl(> <^innie il est, a donné cela pour récompense de» services passéi^. >; Ti'oig jours après, un correspondant de Bussy lui écrit ; a Elle (la corn- ^c) éloit à Gliaillot, à une petite maison qu'elle y a. M. Colbert y fit lieaucoup d'allées et venues. Ëniin elle a pris deux cent mille écu». et Qiadame de Montespan a été par lu surihtendaute de la muisoti de la ïelne, et n'est plus maîtresse. » (Voir chap. vi, p; 112.)

* Marie de Bourbon^ mariée en 1024 au prince de Cui'igtiun, morte en 1002. BoUo-mèro do la comtesse de Soissons.

* fiibl. imp. Mss. Correspondance de Noailles ^ S. F. 2.232-57 ■» fol. 128.

2îf2 LLTTKES DE MADAME DE M0KTESPA5

la dauphine * sont destinées, et que même ce n'étoit pas une occasion trop favorable pour M. Tambomieau '. Il en faof chercher d*autres, et essayer de les faire réussir. Je m*yeiii' ploierai avec toute l'application possible ; je ne les désu^p»

* \je mariage de la daupliine, dont il est question dans cette feUie, eut lieu le 7 mars 1680. ■

^ Tamt>oMneau fut nommé ambassadeur en Suisse peu de temps ajirés. Il y a plusieurs lettres de lui et de sa femme dans le même volume, i la suite de celle» de madame de Montespan . Ils étaient parents des NoaiHw. Son [HirCf sur lequel Tallemant des Réaux raconte de bonnes histoires, [Uiêtorietles, \"* édil., t. Y, p. 295, note) avait été président au parlement et mangea tout son bien. Ou voit par la lettre de madame de Montespan que le fils n'avait pas mieux gouverné sa fortune. Au surplus la favorite n'était que juste en s'inléreifsant à lui. Qu'on en juge par e quatrain dans le(|uel le marquis de Mortemart [son père) est mis e: scène :

Norleniart, le faune, Aime la Tainbonneau; Klle ebt un peu jaune, Mais il n'est pas trop beau.

On trouve la preuve de l'intérôt ()ue M. de Mortemart portait ai président Tauibonncuu dans ce passage d'une lettre de Colbertà Mazarin, du 24 juillet 1054 :

« M. le rnanjnis de Mortemart m'a prié d'écrire à Votre Éminenceefl faveur de M. le président Tambonneau; c'est un bommequi peutbeaucoup servir, et même j'en ai besoin dans la naturalisation de la famille de Votre Éininence. Cela ne va qu'à m'écrire quelque cbose pour loi dire, qui lui fasse connoilre que l'on sait ses services et que Votre Émincnce est toujours dans la volonté de le gratifier. t>

A ((uoi le cardinal répondit immédiatement :

a Je vous prie d'aller voir M. le président Tambonneau de ma part pour l'assurer qu'à mon retour je ferai tout ce qui sera possible pour le servir en ses intérêts et lui donner des marques de l'amitié et do r(>stiinc que j'ai pour lui, qui est incontestablement un des plus zélés et passionnés serviteurs que le roi ait, sans que, dans les temps les plus corrompus, on ait vu ébranler sa fidélité. » [lettres de Colbert, t. I, p. 224.)

Naturellement, Colbert s'empressait démontrer ce passage de la lettre du cardinal au marquis de Mortemart et au président Tambonneau, et tout le monde était content sans qu'il en eût rien coûté.

DE SA FAMILLE ET DE SES AMIS. 2rM

ioius que vous pour l'assurer que, duns tous les temps, j'ui ouhail6 son avantage, et me serois trouvée heureuse d'y ^voir contribuer. Dites-lui bien tout ce qui pont ndoucir un ttal aussi fâcheux que le sien, en attendant que Ton le puisse changer.

Pour vous, Monsieur, je me contente de luire voir mon iDiluiéludo & H. Tegonet, qui sait seulement que n'ayant que de petites incommodilès de vieillesse, elles ne vous empêchent pas do songer à la machine du gargarisme ni au petit ; chandelier \ Je fais aussi mes complimens à madame la (luciiessc de Noailles.

*-W.- MADAME DE MONTKSPAN A LA miCHKSSE DK NOAILLKS".

A noulognc, c(; '20 de jtiillol |l(iKO|.

Quoique je ne croie jamais les ninux des In'iritièies .si grands qu'elles disent, je ne laisse pns dVire en princî ïluvôlriî'. Jo vous prie, Madame, de m'en l'aire mander <l«'s

*Tpgf net «Unit sntiH douto un irinicciii. Il y n 1» dcjM jillu.sit)iiH imjuoI- 1"^» plni»aiiteri(Js do .socicHd qu'il cht iiiipossiljlcî d'cxplMiurr.

*Hi'»l. du Louvrr. Ttiti-T), Ms Correspondance lie ^oailh«. I.cllrcî •••tograplio, non si^ih'm'. Dnns kuw nutro Irllrc du T» novjMubro lOOK, nudami'dn Montnsiuiu iipiu'lUî la duclichsc» dt; Noailles a nindaïuo l'Iié- •"'tièro. I Ccîln explique lu prcuuôrc phroHr de (ictle lettre, qui herait, •ww cela, fort olwcure.

, l'^'roi, qui étuit parti le 1." juillet avec la cour pour visiter le.s furti- "cilioiig i;o Flandre, fui de reiourn VernaillcH le r»0 aoiU.

^naune lettre de nindanie do Maintenon à son frèn*. daté'* deOalais, '^^'i juillet, qui contient d'aHHex curieux détailH: « Je nie porte à nier- '•■•Jlieot, si cela continue, je m'en reloiuMierai «ussi ffnissiî (piejéNdsà '"*>rt retour de Sciielentadl... Je fais bonne elière ei je suis naillardo, '"118 AiDcz mal vûtue. car il est arrivï* d(' f^rand» aceidens au manteau ^ctiilio morte... Que je HOche aussi si M. Colbert vouh a pav('s et s'il ine reste ù faire quelque clioce lù-dcssus. » [Corresp, (/iUiù'., t. Il, p. 110.)

'C'est-à-diro do votre mal.

^54 LETTRES 1)Ë MADAME DE MONtËSPAN

nouvelles par votre favorite, et si M. Félix' croit en rage.

Le pauvre La Chesiiaye* se cassa hier le bras, en de la dînée ; je le trouvai avec Dyonis* dans la liti madame la dauphine. Monsieur se trouva mal dans rosse de la reine. On crut longtemps hier que Ton neroit ; mais comme il se porte bien aujourd'hui, et ( mal n'éloit que les dents, on continua le voyage, aussi malade que les autres; j'ai eu des vapeurs ai

On m'a dit qu'à la dînée, madame de Maintenon a^ pied à terre, qu'on l'avoit vue de loin, et que la reii dit, d'un ton chagrin : « C'est qu'elle va venir ici ! elle n'y vint pas ; elle se contenta d'envoyer deman livre qu'avoit la reine, qui ne le voulut pas envoyei le roi lui envoya après ; et puis envoya savoir com le trou voit et demander son avis. Ainsi, l'après-d passa dans un assez joli commerce.

Je vais aujourd'hui voir madame de GrussoP, € vous faire de compliment, je vous assure que je su fâchée que je n'étois pas avec vous.

j'ai si grand'pitié de madame de Lavardin'' que pas la force de lui en faire compliment.

* Charles-François-Fëlix, premier chirurgien du roi.

* De la Ghesnaye; gouverneur de Meulan en 1684, aide de daupliin dans la campag-ne de 1093.

* Chirurgien du roi.

* Julie-Françoise de Sainte-Maure, filh^ unique du duc de sler et de Julie d'Angenhes, mariée en 1664 au comte de Crus duc d'Uzès en 1680; dame du palais en 1672, morte en 1695.

. "^ Louise-Anne de Noailles, seconde fenmie du marquis de L lieutenant général et commissaire des Étals de Bretugne; lille premier duc de Noailles. Une lettre de madame de Sévij 9 juin 1680, fait aUusion à des ennuis de madame de Lavardin.

1)E SA t'AHlLLË Et DE SES AMIS. 255

^l — NADAHE DE MONTESPAN A LA DUCHESSE DE NOAILLES*.

A Valenciennesy ce 4 août [1G80].

Si l'on juge de votre santé par votre humeur, vos amis doivent être en repos, car je n'ai jamais rien vu de plus goguenard que vos lettres. H. de Noailles ne vous a pas obéi; il m*a montré tout ce que vous dites de madame d'U- 2é8, et je vous découvre par là un nouveau défaut ; mais telle que vous êtes, je ne laisse pas de vous trouver extrêmement à dire. Nous aurions fait des emplettes admirables, si nous avions été ensemble ; mais seule, je n'ai le cœur à rien.

On fait toujours la même vie a la cour; j'en sais le moins de nouvelles que je puis, et c'est en effet très peu. J'avois pourtant fait dire à madame la comtesse de Tors', qu'en ^otre absence, je la priois de s'adresser à moi pour tout ce Qu'elle voudroit, car si l'on prend la liberté de vous railler, cerles il faut bien montrer aussi que l'on a pour vous tout ^fi respect que vous méritez ; mais je me flatte que vous en faites autant de mon amitié, et pour moi je vous dis libre- "ûent qu'elle est fort tendre et fort sincère.

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