MADAME DE MONTESPAN A MADAME DE THIANGES
Je compte aller passer la quinzaine de Pâques à Fonte*
nonciades de Meulan, publiées par M. J. A. Le Roi. La lettre n'est pas de la même main que la signature.
* Mademoiselle de Bonnivet, fille du comte de Gouftîer et d'Elisabeth Dufaur de la Roderie. Elle devint supérieure des Annonciades, à la mort de madame de Marquenat.
5 Une autre lettre, sans date, de madame do Montespan à madame de Marquenat, contient ce qui suit :
« Je vous suis bien obligée, Madame, do la petite lettre que vous m'avez envoyée; elle est tout à fait jolie; mais ce qui m'en plaît le plus, est la continuation de votre amitié que j'estime infiniment. J'espère aussi que vous ne m'oubliez pas dans vos prières, que vous y convierez tonte la communauté. Vous trouverez bon que je fasse des complimens en particulier à mademoiselle de Bonnivet *, et que je vous assure que je suis votre très-humble et obéissante servante.
* Lettre publiée par M. Arsène Iloussaye dans son volume intitulé:
* Dans sa lettre du 19 mai, madame ds Montespan parlait de madame de Bonnivet. Appelait-elle indislinrtcment madame ou mademoiselle la même
religieuse?
Mull. M*y accompagnerez-YOus, ou resterez-vous à la cour? léserai plus libre à Tabbaye qu*à Versailles, ce qui me fait désirer ce voyage. J*ai cependant eu une grande peine à obtenir du roi la permission de m'absenter; mais j'ai tant fait îu'il y a consenti. Golbert* a grand'raison de dire que la cour a un cadran particulier, et qu'il faut en connoître les heures ^'es minutes pour ne pas s'y méprendre.
^ila sainte quinzaine ne fût pas venue à mon secours, jamais je n'eusse obtenu la permission d'aller à Fontevrault.
'^' —MADAME DE MONTESPAN A LA DUCHESSE DE NOAïLLES*.
A Versailles, ce 1" juin [1685].
^*est bien tout ce que je pourrai faire que de vous garder
^ ^ecret sur madame de Chaulnes*; je crois que madame
^ Wevers'* goûteroit fort son habillement, et nous avons
P'^^sentement bien des raisons de la ménager. Je prends
^On temps de la nommer dans votre lettre, car tout ce que
^ ^ti puis dire ne convient guère à celle de M. de Noailles,
^^^âémoiselU de La Vallière et madame de Montespan; appendice,
^ * '410.— M. Arsène Houssaye publie, à la suite decetle lettre, un fragment
^\ribué à madame de Montespan. Il est relatif à la tentative de con-
^Tsion tentée en 16"5 par Bossuet Cette pièce est évidemment apo-
y^'vphe. Les détails donnes par l'auteur de cet écrit sont en contradic-
^f)n manifeste aven les Mémoires de l'abbé Le Dieu, les lettres de Ros-
^Xiet, de madame de Sévigné, de Bussy-Rabutin, etc.
'Les letli'es de madame de Montespan et de madame de Maintenon ^^ont on possède les autographes, disent toujours M. Colbert.
* Bibl. du Louvre. Ms. 325-5; Correspondance de Noailles, fol. 45. l^ettre autographe, non signée.
* Elisabeth Le Féron, duchesse de Chaulncs, dont le mari était gouverneur de Bretagne ; amie de madame de Sévigné.
. 'Oiane-Gabrielle de Damas, de Thiangos, duchesse de Nevers, nièce ^ madame de Montespan. Que signitic cet habillement?
Madame de Saînt-Just^ arriva hier, qui me dit que votre lipl santé étoit assez bonne, mais que vous étiez tous deux bien |!i l4 tristes; cela esl aisé à croire; mais il est bien imprudent \Sc de s*y laisser aller, surtout en prenant des remèdes qui de- |:tc] viennent du poison dès que l'on n*est pas dans les dispon tions qui y conviennent. Ijro:
Je fais de mon mieux pour vous amuser par les nouvelles mt decepays-ci ; jevousai déjà fait mander par madame d'Heo- |)o( dicourt mille petites nouvelles, et surtout de celles qui ont rapport à nous, croyant qu'elles vous touchent plus que toutes les autres. Nous continuons toujours nos préparaliEs; mais la mort de l'Électeur palatin' retardera le mariage de quelques jours, parce que Ton a remis le carrousel à lundi et que M. le duc* le veut voir avant que de partir. L'envî© qu'il a de fournir à tout est un peu embarrassante, çarTavèo^ est fort remplie présentement. Les plaisirs ne sont pourtar^^ plus si fréquents qu'ils étoient; je n'en sais point deraisor^ et n'y en crois pas d'autre que le temps, qui n'a pas été fi vorable.
Il fait aujourd'hui aussi frais qu'au mois de janvier; f vous écris du coin du feu où je ne laisse pas de geler ; j'ir pourtant aujourd'hui à Paris pour voir Mademoiselle, quin peut gagner sur elle d'être à Versailles quand on parle d noce, et qui ne peut non plus se passer des spectacles qu l'on y voit. Elle est revenue déjà pour le Doge % et reviendr ^*^ pour le carrousel; mais elle a si peur d'y être une minut -^^
* Quand, le i8 février 1092, mademoiselle de B lois épousa le d de Chartres, madame de Saint-Just fut nommée sa femme de chambri Cinq ans plus tard, le 14 janvier 1697, Dangeau constatait qu'elle ava dil se retirer, parce qu'elle déplaisait à la duchesse et au duc de Chartre-
^' Charles, électeur palatin, llls de Charles-Louis et qui lui avait sm cédé en 1080. II mourut le 18 mai 1685, sans laisser d'enfants.
« Le duc de Bourbon, qui devint gendre de madame de Montespaen épousant mademoiselle de Nantes, le 24 juillet 1685.
^ Voir ch. IX, p. 183, note.
f DE SA FAMILLE ET DE SES AMIS. 267
"^ p1us,qu*il faut envoyer sans cesse pour la tenir informée "^* temps à point nommé.
Nous n'avons point encore vu monsieur votre fils. M. d'K-
^^chy m*a fait espérer qu'il Tamèneroit au premier jour,
suivant vog ordres. J*ai consenti que Ton prit Le Camus *•
P<>Ur madame la duchesse de Bourbon; on m*a fort pressée
^^ lui donner tous les soins; mais [c'est] une marchandise
'^op délicate pour s'en vouloir charger. Elle garde seule-
'^«ntceux qui étoient personnellement à elle, avec Taugmen-
■^lion de mademoiselle Delaunay.
Mademoiselle Doré ® est enfin guérie; elle revient aujourd'hui; je leur fais des habits magnifiques, et pour le damas, ^ ^ s'est tellement étendu qu'il y en a pour trois cents pis- ^«les. Je regrette bien que vous ne soyez pas ici pendant un ^eraps comme celui-ci, où j'ai plus de joie qu'à l'ordinaire; ^Ue se redouble quand on la partage avec ses amis, et j(^ serois bien trompée si vous n'étiez des meilleures.
Je change de propos pour vous charger d'une commission .envers M. de Noailles, qui seroit de revenir pleinement instruit de ce qu'il y auroit à faire pour mettre Thôpital de Bourbon en meilleur état. Madame Mallet avoit déjà beaucoup travaillé pour cela, et vous pouvez savoir par là à quoi il s'est tenu qu'elle n'achevât pas celle bonne œuvre. Gomme je compte d'y aller l'année qui vient, je voudrois bien que Ton avançât cette affaire-là cotte année, afin qu'elle s'achevât pendant que j'y serois.
Adieu, Madame, je suis votre très-huinble et très-obéissante servante.
J'espère que l'autre ordinaire ma lettre sera plus remplie de nouvelles. Pour aujourd'hui, j'ai un peu mal à la tête.
® Il s'agit sans doute de quelque précepteur pour compléter l'in. struction de la future duchesse, alors âgée de douze ans. ^ Voir ch. vu, p. 136, note.
7A. — LE DUC DU MAINE A MADAME DE MAINTENOîi».
Comme il faut toujours finir par dire ses péchés à son confesseur, je viens vous avouer à présent la cause de toutes mes dettes passées, sans comparaison , avec la contrilioi^ d'un bon pénitent. La crainte d'une juste réprimande ou remontrance, ce que je crains plus que celles de madame de Montespan, parce qu'elles sont toujours autorisées de la rai' son, me fait, pour cette cause, recourir à la plume. Cette môme crainte, qui m'empêche de vous dire tout ceci moîmôme, m'a toujours empêché de vous demander de l'argent quand j'en ai eu affaire. L'impossibilité que j'ai trouvée d'être à Marly sans jouer, et ne trouvant personne qui voulût jouer petit jeu, je perdis hier cinquante pistolcs contK'e M. de Richelieu et autant contre le comte de Grammoiit. N'interprétez point mal, je vous conjure, l'excès de ma
* Correspondance générale de madame de Mainienon, t. III, p. 50.
La correspondance de madame de Maintenon contient un |ïrandnoml>i'^ de lettres du ducduMaineà madame de Mainienon. Nous empruntons à ce précieux recueil quelques lettres où il est question de madame de Mon-* tespan. Ou trouve dans la Correspondance administrative sous l^ règne de Louis XIV, publiée par Dcppuig, t. IV, p. 708, une lettre du duc du Maine à M. de Ilarlay, du 20 avril 1005, relative à une affaire d'intérêt fort obscure. i Quand madame de Maintenon, écrit ie prince, apportoit quelque opposition pour que je si^juasse le contratquo madame de Montcspan demandoit de moi, elle regardoit comme un pur don et non comme une rétribution la somme à laquelle je m'engagcois, M. d'Aguesseau ne lui ayant pas bien expliqué le fait, et c'est ainsi qu'elle i'avoit fait entendre au roi. Quand on a connu la différence delà tliése, les dispositions ont changé, et tous les gens à qui la nature et à «pli l'amitié donnent sur moi quelcpie autorité, consentent unanimement à la conclusion du marché dont j'ai la plus grande envie du monde et la plus grande joie, étant si fort du goût de madame de Montespan à qui jo dois beaucoup et à quijainieà rendn\. »
crainte, et me donnez plutôt courage, puisque ce qui la rend si grande est le chagrin de vous avoir fâchée, à laquelle je ne puis donner un nom qui convienne mieux que la crainte filiale. Je fmis par vous prier de ne me point vouloir mal de lout ceci.