‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 125 sur 204 · MADAME DE MONTESPAN A U DUCHESSE DE NOAILLES · texte numérisé non relu

MADAME DE MONTESPAN A U DUCHESSE DE NOAILLES

24 octobre (1686.) (?)

Je me réjouis que les affaires soient faites, dans Tespérance de vous revoir bientôt, car, pour le présent, je n'en Hoispas en peine. Le raisonnement que vous faites sur les rêveries est de fort bon sens ; mais [vous] savez qu'il ne suffît pas d'avoir raison ; enfin, il faut faire du mieux que l'on peut, et Dieu fait le reste.

Notre héritière (?) est enfin arrivée ; je devois la voir ce soir; ^ais elle loge à la ville. Je lui avois écrit pour lui dire mon avis ®^rson séjour à Paris, car, malgré les raisons qu'elle avoit d'y ^6nneurer,quinesontquetropbonnes, jecraignois qu'ilnefût \^op long. Je n'ai pas manqué dédire au roi à quel point elle éloit incommodée, et il l'a fort bien reçue ; c'est ce que je désirois.

Vous savez que, malgré tout cela, les bons offices neman-

ÎUent pas. Ce n'est pas qu'il se soit rien passé qui doive

latre de la peine, mais quand on aime bien les gens, on leur

*®Ui éviter les moindres choses, et je crois -que vous me

''^îtes bien la justice, l'un et l'autre, d'attendre de moi tout

^^ qui peut dépendre d'une fort sûre amitié; le terme n'est

P^^ fort civil, mais la vérité en fait tout le mérite, et je vous

^'^c^is assez bons.

Si vous saviez toutes les inquiétudes que vous m'avez don-

* Bibl. du Louvre. Ms. 325-3. Correspondance de NoailleSy fol. 37. *^^ttre autographe, non signée.

nées pendant le voyage, vous auriez eu plus de soin de me mander des nouvelles de H. de Noailles et des vôtres, caril est honteux de me voir courir tous les officiers des gardes pour savoir comment il se porte. On m*a assuré qu'il ôtoit sans fièvre, c'est ce qui me donne le courage de gronder, car je vous assure que je pars avec une grande peine de vous laisser l'un et Tautre en état d'avoir besoin de vos aipis sans vous pouvoir rendre aucun service. Conservez-vous bien présentement et faites réflexion, sans que les inquiétudes et le chagrin vous attirent de maux à lun et à Tautre. Pour ce qui est du voyage, je me porte fort bien. Comme Ton méfait causer, je ne sais point encore la vie que Ton fera ici. Je partirai mercredi pour Fonlevrault, où je demeurerai jusqu'à la veille du départ, où je me retrouverai pour acheyer le voyage. (?)

J'espère que je vous retrouverai sous peu à Fontainebleau en bonne sanlé. Je vous assure que je le souhaite plus que je ne puis vous le dire.

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