CHARENTE A DANIEL HUET
A FoDtevrault, ce 15 septembre [1689].
( De la main de mademoiselle de Tonnay-Gharente.)
Vous VOUS plaignez du sérieux d'une de mes lettres, et vous m'en demandez d'un st\le enjoué, comme si la jUr ganterie pouvoit être de commande. Je vous déclare donc que je n*y vise point du tout présentement, et que je prétends que vous vous accommodiez de moi sur tous les tons. Il faut laisser à ses amis la liberté de montrer l'humeur (à ils sont; aussi bien ne gagnet-on rien à la disssimuler, et il me semble que, dans l'absence, l'air chagrin ne sauroit rien gâter. Hais c'est assez justifier le sérif'ux de ma lettre; il est temps de vous parler des plaisirs de La HolheS dont voos voulez qu'on vous rende compte. Ils ont été plus grands et plus vifs qu'on n'auroit pu l'espérer dans un lieu aussi solitaire; mais vous savez que madame deMontespan a le talent de faire tout valoir et de donner à tout un air de fête. Nous y avons eu ces derniers temps madame de Jussac, l'abbé Girard et l'abbé Genest, qui a fort brillé dans les diverlissemens. Il a fait les plus jolies chansons du monde, et qui mérileroient de vous être envoyées, sans qu'il vaut mieux attendre à vous les dire lui-même.
[De la main de madame de Montespan.)
J'en ferois pour vous dire ((ue l'on vous souhaite dans les plaisirs, pour vous, et dans l'ennui, pour soi. 11 me semble que l'on ne peut mieux prouver que l'on vous souhaite toujours.
* Près Fontevrault, commune d'Artannes, canton de Saumur. .
[De la main de mademoiselle de Tonnay-Gharente.)
sentiment s*est trouvé commun à toutes les personnes îtaient à La Mothe ; il n*y a point eu de jour qu'on ne ail regretté, point de promenade où vous n'ayez paru juer, ni de diverlissemens où l'on ne vous ait souhaité, iompagnies que l'on a eues assidûment ont été M. l'arêquede Tours, sa nièce, l'abbé de Sasilly, le chevalier elloy, et M. de Surmon dans ces derniers temps. Vous 5 qu'on n'étoit en solitude que par l'air de la maison, isites étant fréquentes et assidues. Madame de Montesîst ici depuis deux jours ; madame l'abbesse a achevé tite tournée dans ses couvens; elle la terminera samedi entrant ici où nous sommes venues l'attendre. J'ai cru a clarté de ma lettre vous feroit plaisir, et par la même n, je me réjouis d'être dans un lieu où, ne vous voyant on ne voit plus aussi personne qui fasse souvenir du s qu'on auroit pu passer auprès de vous. Il me semble ce trait-là mérite bien de vous passer... auprès du