‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 128 sur 204 · L'ABBESSE DE FONTEVRAULT A DANÎEL HUET · texte numérisé non relu

L'ABBESSE DE FONTEVRAULT A DANÎEL HUET

A Fontevrault, ce 9 septembre i(

Votre réponse à la lettre de pièces rapportées est ' chef-d'œuvre. Vous ne sauriez croire combien nous lue et admirée. Nous commencions à nous impatiei ce qu'elle ne venoit point et nous aurions été enco en peine si nous avions su que c'étoil une indisposili vous empôchoit d'écrire. Je prie Dieu que vous en soy quitte. Il faut vous éclaircir sur les deux écritures qi

= L'abbé Genesf. (Voir la lettre précédente.)

* J'ai recueilli un grand nombre de leltres de l'abbesse de vrault. Je n'en publie ici que quelques-unes, parce qu'il y est > de madame de Montespan .

îz point connues. La première est de ma cousine de pineau, novice, et Tautre de ma sœur de l'Hôpital, sur tlle il est honteux que vous ayez été en doute, demoiselle de Tonnay-Gharente dit que vous lui dites lies choses, mais que vous ne répondez pas à ce qu elle avoit mandé ; cependant vous devez être content de car vous vous êtes tiré à merveille de cette affaire. Je ois pouvoir espérer que toutes celles où vous avez part t un aussi heureux succès.

mort du pape* me donne sur cela quelques iiiquié- ', quoique madame de Hontespan soit persuadée qu'il isera encore plusieurs mois avant que toutes choses entièrement réglées, quand même il se feroit une m telle que nous la pouvons souhaiter, ce qui est dou- Il ne faut donc pas perdre espérance; et, quoiqu'il arous faites toujours très-bien de faire entrer dans la négo- 1 qui se traite, une circonstance qui peut être utile it, et qui seroit d'une bienséance merveilleuse dans le de XQYTU*. Vous êtes bien sage de voir avec joie que [ue beaucoup de gens vous destinoient soit rempli par re. C'est en effet un bonheur, mais l'opinion du monde, împorte d'ordinaire sur la vérité, en décideroit autre- J'ai reçu votre lettre adressée aux Filles-Dieu, et j'y ai lu. Le Journal des Savans m'a aussi été envoyé de la le l'abbé Tallemant*. Pour l'affaire de ma sœur de s, j'avois déjà ordonné à mon vicaire de La France d'en "e connoissance. Il est inouï qu'une religieuse soit sans

ocent XI, mort le 20 août 1689; il eut pour successeur Alexan-

;our de Rome n'avait pas encore expédié les bulles pour l'évô-

Soissons.

dans la copie. On ne sait ce que Tabbesse de Fontevrault a

ésigner par ce mot.

il Taliemant, né à Paris le 18 juin 1642, mort en 1712.

obédience, et il faut que celle-là soit folle, aussi l)ien qv mère, pour faire de pareilles choses. EUe rentrera à Foig qui est son couvent de profession ; ainsi je n'en serai g importunée. Je vous envoyai dernièrement une lettre] Madame de Charenton*^, que je crois que vous aurez c bonté de faire tenir. La pauvre Coupretle auroit grand be de votre protection, à Theure qu'il est; ses affaires empi tous les jours et la résolution est prise de la laisser cet l avec les sœurs de la Sainte-Famille, pour être instruit veillée de près. Elle en a grand 'besoin, et elle est sir teuse, que, malgré votre recommandation, je suis forcé convenir de son tort.

Nous avons été effrayées ces jours passés de ce qui es rivé en Flandre, où vous savez que M. du Maine a été ex; comme un volontaire.

Il y a dans notre voisinage deux abbayes de filles, l'une est vacante, et l'autre en soupçon de vaquer bi( par la démission de Tabbesse. Nous travaillons, ma sœi moi, à faire avoir l'une ou l'autre à ma nièce de Morten Si la chose réussit, vous croyez bien que je vous en ii merai proniptemenl, puisque je ne vous laisse pas ir ignorer la négociation. M. l'archevêque de Tours • a soll le Père de La Chaise, sans en être prié ; on ne peut ajouter à l'honnêteté de son procédé en cette occasion.

Je vous mande sans ordre tout ce que votre lettre et c( se passe ici me fournissent, parce que j'écris fort à la h^ que j'ai envie do ne rien oublier. Toute la maison vous Monsieur, mille complimens. Vous jugez bien que i lettre a été fidèlement rendue à la Cossonnière.

^ Diocèse de Laon.

' Vraisemblablement l'aljbesse d'un couvent de Charenton.

^ Claude de Saint-Georges, archevêque de Tours de 1087 à i

nommé à cette époque archevêque de Lyon.

10 septembre. — Celte lettre ne parlit point mercredi, parce quer je ne songeois à rien ce jour-là qu'à regretter lo départ de ma sœur. La veille, nous ne nous doutions pas l'une et l'autre de cette séparation ; au contraire, les nouvelles de l'armée et celles du voyage de Fontainebleau pour le mois d'octobre avoient reculé celui de ma sœur jusqu'à ce moment-là ; mais mademoiselle de Blois eut le même soir wn mal de tête accompagné d'étourdis^emens dont nous Wmes si démontées, que nous conclûmes qu'il falloit la 'Wener promptement en lieu où l'on eût le pouvoir de la Wter de tous ses maux bizarres. Celui-ci disparut aussitôt V^^ la colique ; elle passa bien la nuit, et les gens qui sont ^^lus m'apprendre de ses nouvelles de dessus la route, ^ Ont assuré que le mieux continuoit. Cette brusque sépa- •'"f^îon, fondée sur un sujet d'inquiétude, m'a causé un saisissement dont je ne suis pas encore revenue. L'abbé Genest ^ est demeuré pour huit jours ; sa conversation et la loc- ^ï*e que je lui fais faire de ses ouvrages et de quelques autres ^Vres contribueront à me remettre peu à peu de l'ennui où ^^ si grand changement de vie m'a jetée.

Je viens de recevoir une de vos lettres à laquelle je ne

^^pondrai autre chose pour cette fois, sinon que vous avez

^^ès-mal fait de ne pas lire entièrement celle que j'écrivois

^ Madame de Charenton ; vous y auriez trouvé des choses sur

Xotre sujet qu'il est trop grossier de dire en face, et dont

4e suis pourtant fort aise que vous me sachiez persuadée.

Je veux croire que vous le savez par ailleurs; sans cela,

i'aurois de la peine à vous pardonner votre discrétion.

J'envoie votre lettre à ma nièce Tonnay-Charenle, qui,

selon mes souhaits, est avec madame de Montespan, dont

l'absence ne laisse pas de m'étre fort pénible.

t» LETTRES DE MADAME DE 1I09TESPAN

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