L'ABBÉ GIRARD A DE GAIGNIÈRES
A Versailles, ce jeudi 9 février 1690.
Je suis chargé. Monsieur, de vous faire des excuses que vous n'aurez pas grand'peine à recevoir. C'est dé la partie madame de Montespan, qui, après une si longue interruption de commerce sur les petites figures, ne veut pas vous donner la peine de lui en aller reparler et montrer à Saint-Joseph que je ne vous aie dit de sa part qu'elle est bien fâchée d'a-
« Bibl. imp. Mss. Leiires de Gaignières, 495, G., fol. 243. — Nous avortf dit (cliap. X, p. 200, note) que madame de Montespan avait de l'estime pour Gaij^nières. Au mois de juillet 1689, l'abbé Testu écrivait à ce dernier : a Madame de Montespan, en parlant îiu roi des soins que vous avM pris ptur l'exécution de l'ouvrage qu'elle veut • entreprendre, n'a pa* manqué de dire mille biens de vous. » [l^c. cit. 495, C.) De quel ouvrage s'agissait-il ? On voit par une autre lettre que madame de Montespan avait fait peindre pour lui et lui avait donné deux tableaux de bataille en miiiiaiure. {I.oc. cit. 495, D, fol. 41.)
DE SA FAMILLE ET DE SES ÂMlS. 289
Ir été si longtemps à vous les demander. Elle m'ordonne ne, Monsieur, après compliment qu'elle ne manquera pas is doute de vous faire elle-même et assurément mieux que H, de vous prier de sa part de l'aller trouver samedi à le heure après-midi, à Saint-Joseph, et d*y porter ce que 08 avez de fait, avec ce bon esprit et ce bon goât qui vous livent partout.
Vmià, Monsieur, ce que j'avois à vous dire pour madame iMontespan. J'ajouterai, s'il vous plaît, pour moi, que j*ai iè très-fâché de n'avoir pu profiter de l'hoimeur que vous K fîtes, il y a quelque temps, de me venir chercher. J'espère ne vous me ferez la même grâce, et que je serai plus heueux la première fois que vous viendrez ici, où vous me nniTerez toujours plein d'estime et d'amitié pour vous '.