MADAME DE M0!9TESPA!« A LA DUCHESSE DE 50AILUS
A Fontevranlt, ce 6 féfrier ilM.
J'apprends, Madame, que M. le duc de Guidie' amiepah sion de dix mille francs; je crois que je n'ai pas besoia de beaucoup d'éloquence pour tous persuader de l'intMl qM je prends à tout ce qui vous regarde ; mais je profile aiee joie de toutes les occasions de vous faire souvenirde moi, car In discrétion m'empêche de le faire aussi souvent qoeje le voudrois. Cependant j'eus bien de la peine à me contenir sur votre dernière lettre qui étoit la plus aimable du monde. Je me suis chargée de vous faire les complimensdemasœBr, et nous vous prions Tune et l'autre de les faire à H. lemiréchal et à madame la duchesse de Guiche. Je ne parle qa'i ceux-là, quoique toute votre famille me soit très-chère et qu'on un mat je n'aie toute la vivacité possible sur tout ce qui a rapport à vous.
SO.— MADAME DE MONTK^PAN A LA DUCIIESSE DE NOAILLESV
A Fontevrault, ce 26 juin 1705.
Je suis très-conteute. Madame, de votre délicatesse sur mes termes ; je me justifie avec grand plaisir de celui qui
« Bihl. du Louvre. Ms. 325-3. Correspondance de Souilles, fol^- Lollrc dictée et signée.
* U avait épousé une des lilles de la duchesse de Noaillcs.
* Dibl. du Louvre. Ms. 325-3. Correspondance de Noailles, fol. 59 ï.ettiT iliottV et signée.
a déplu; je n*ai point prétendu vous reprocher l*annéo ^e en vous disant que j'avois retrouvé votre ancienne îîtè dans celle-ci ; je me loue seulement d'une augmenà quoi je me suis trouvée très-sensible et dont je m'édéjà bien louée avant que de partir de Paris ; j*en prends lame de Valcnlinay* à témoin.
our ce que vous me mandez d'ailleurs, Madame, je ige rien de vous là-dessus, ne désirant que de me montelle que je suis et beaucoup plus par rapport à la conneequ'à toute autre chose, car je vous assure que je n'ai le prétention en ce monde, et j'oserois dire que j'y suis si e de désirs que cela me sauvç aussi toutes sortes de craintes . Q est donc que pour Thonneur de la vérité que je voudrois uver à madame de Haintenon que j'ai véritablement pour !, sans aucune correspondance, tous les sentimens que t d'autres lui contrefont avec succès, e fais toujours très-simplement et très-sincèrement mes iplimens à M. le maréchal et à tous ceux de voire familln Il j'ai l'honneur d'être connue.
[Oiron, 1704 ou 1705.J
?^ suis arrivée en cette ville plutôt que je ne croyois, c'estre la veille de la Toussaint, au lieu que j'avois fait état )asser la fête prés de Paris, comme vous savez ; mais
^uis Bernin de Valentinay, marquis d'Ussé, contrôleur général de aison du roi, avait «pousé, le 8 janvier 1691, Jeanne-Françoi&e Le re, fille de Vauban, âgée de douze ans et trois mois. (Jal, Diclionî de biographie et d'histoire.) S'agit-il d'elle ou de sa belle-
libl. imp. Mss. 73, Oratoire. — Cette lettre se trouve à la suite d'un uscrit intitulé : Conférences sur divers sujets de morale tirés des
5U LETTRES bï. MADAME DE MONTkSPAS
ayant eipédié tout ce que j'avois à faire, voyant le ben temps, et en ayant suffisamment pour me rendre id ■ commencement du mois, j*ai pris mon parti de le faire,e(je me trouve enfin dans ma nouvelle habitation aussi conteitc pour le moins qu'au milieu de Paris.
Si quelque chose étoil capable de me déplaire ici, cesard ({ue Oiron ressemble trop à Petit-Bourg et que j'ai sujet d'f* préhender de n'y trouver pas autant de retraite et de8é|iiration de tout commerce que j'en ai souhaité ; mais Dieaiu peut faire une solitude au fond de mon cœur, et c'est ce qv je dési rerois bien qu'il me voulût faire par sa grâce, env séparant de moi-même plus que de toute autre diose; ca nous sommes à nous-mêmes, la plupart du temps, un gnv monde, et nous parlons souvent dans notre âme avec m populace nombreuse de passions, de désirs, de desseitf d'inclinations et de tumulte qui nous agitent par ces inqniè tudes, nous troublent par ces révoltes, et nous empéchen d'écouter Dieu qui parle à notre cœur et qui seul deTToi être notre monde et notre tout. Allons à lui, ma chère'** de toutes nos forces, séparons-nous de tout le reste, e fuyons-nous nous-mêmes pour nous approcher de lui.
saints Pères de V Église, faites par le très-révérend Père de Jm Tw général de l'Oratoire,
Nous avons dit [chap. x, p. 20?) que le Père de La Tour était coi fesseur de madame de Montespan, et qu'il l'avait décidée à écrire m lettre de soumission à son mari.
Celle qu'on va lire est précédée de ces mots : lettre spirUvàlt < M... an, et les noms de lieux : Paris, Petit-Bourg, Oiron, n'y sont de ^-nés que par une initiale.
Quoi qu'il en soit, on peut, en toute confiance, à raison, soit duvolm d'où elle est tirée, soit des particularités auxquelles elle fait allusio l'attribuer à madame de Montespan.
Ajoutons que le manuscrit dont il s'ag:it n'est lui-même qu'une cop et une copie très-défectueuse.
A qui s'adressait cette lettre?
Comme nous sommes encore bien près de nous-mêmes et ien éloignées de Dieu, que le jour qui nous est donné est resque passé, que la morl après laquelle on ne pourra plus ien faire s'avance et s'approche de nous incessamment, il y a plus de temps à perdre, car si cette nuit funeste ms surprend, tout est perdu pour nous sans retour. Tous 3 morts dont nous faisons la mémoire à ces jours-ci sont itant de prédicateurs qui nous prêchent cette vérité. Ceux lisont dans le ciel goûtent les fruits de la fidélité qu'ils it eue de marcher avec courage et avec diligence dans la )ie du ciel. Ceux qui expient dans le purgatoire leur lenteur . leurs chutes, comprennent bien maintenant de quelle con- ^uence pour leur salut sont les fautes dont ils ne tenoient is grand compte en cette vie. Mais ceux qui sont dans l'eulU étemel de Dieu et de TÉglise regrettent en vain la perte rréparable d'un temps qui ne reviendra jamais. Tempus non titamplius. Soyons sages à leurs dépens; marchons à la umière de Jésus-Christ pendant qu'elle nous luit. Pleurons los péchés maintenant, pour ne pas répandre un jour, peuttre bientôt, des larmes de désespoir.
Cherchons Dieu pendant qu'il peut être trouvé, de peur de ' chercher inutilement à la fin d'une vie dont le terme ne luroit être fort long, et craignons de mourir dans notre îché et dans nos désordres. C'est un tonnerre épouvantable ne cette parole de la vérité mî^me. Que son bruit vous onne ! Hais évitez d'en être frappée et remettez-vous prompment dans le sein de Dieu. Couvrez-vous du sang de Notre- ^igneur Jésus-Christ ; cherchez votre asile dans ses plaies
sous sa croix, c'est-à-dire souffrez, vivez et mourez sous lisi vous voulez êlre en sûreté et goûter, même dans cette e, de saintes délices et des douceurs innocentes.
Voilà, ma chère***, le compliment que j'ai à vous faire )ur toutes les amitiés que je reçois de vous ; mais c'est
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ainsi que vous voulez que je vous aime, et je ne vous porterois pas dans mon cœur comme je le fais, si je ne voos pressois d'entrer toujours de plus en plus en celui de Jësus-Ôinil en qui seul je serai éternellement à vous.