ANNE. PALATINE
« Les portraits n- 205r, 2069, 2070, 2071, 3469, 3481, 5510, 3523, 3526, 3532, 3533, 3535, doivent provenir de la même collection et n'ont pas été exécutés d'après nature.
« N' 3542. École française, — Elle est représentée en Iris, velue d'une robe bleue et tenant une écharpe qui flotte ; dans le fond est un arc- en-ciel.
<( (]e portrait est bien de Tépoque de madame de Montespan, mais il n'olTre pas d'authenticité.
i N' 3543. Copie exécutée par M. Pierre Franque, d'après un pastel ancien.
« Le pastel original faisait, je crois, partie de la coUection du Palais-Royal avant 1 848, et ne peut pas non plus passer pour un portrait authentique. »
On lit, d'autre part, dans l'ouvrage iniHuXè Les Émaux de PetiM (Blaisot, 1864, 2 vol. in-folio, 1. 1, p. 27; lisU alphabëligne des émaux de Petitol) :
« La marquise de Montespan. — N"* 23 des émaux du Louvre. Cheveux blonds cendrés enlacés de perles, corsage rouge à ramages d'or. — Cette attribution paraît d'accord, pour la resr semblance, avec le portrait de madame de Montespan, n* 3543 des galeries de Versailles, peint par M. Franque S d'après un pastel ancien. »
Il existe évidemment d'autres portraits originaux de madame de Montespan dans sa famille ou dans les galeries particulières. Ainsi, M. Paul Lacroix me prévient qu'il y en avait deux anciens, sans nom de peintre, dans la collection 'du château d'Eu, qui a été restituée, après 1848, à la famille d'Orléans. Ainsi encore, on montre au château d'Oiron (Deux-Sèvres), qui fut la propriété de madame de Mon-
* « On peul croire, dit M. Jal, au sujet des portraits de Versailles, qu'un au moins est de Jean de la Haye, peintre établi en 1685 dans le quartier de Saint- Sulpice, et qui, dans les baptistaires de ses enfants, est qualifié : Peintre de madame de Montespan. » (Dictionnaire crilique de biographie et d'histoire, v* I.a Hâte.)— Ne serait-ce i as le n' 3r)t2?
tespan, et où elle fonda, en 1703, un hôpital qui existe toujours, \in portrait d'elle attribué à Mignard. Mais rien jusqu'à présent ne «>nstate positivement que ce portrait est bien de Mignard*.
Voici de nouveaux renseignements que je dois aussi à Tobli- Séance de M. Paul Lacroix :
M. Perrin, chirurgien en chef des Invalides, a, dit-on, un por- Irait en buste de madame de Montespan, peint par Mignard.
La collection municipale du château de Thouars se serait récemi^ient enrichie d'un très-beau portrait ancien, acheté dans le pays.
' M. II. Imbert, de Thouars, membre de la société statistique de Niort, fait, ^ l'occasion de l'inventaire du mobilier de madame de Montespan à Giron, (Voir pièce n* xiii), la réflexion suivante : « Un dernier trait nous révèle ''agitation morale de madame de Montespan. Les portraits sont nombreux autour d'elle, mais il lui faut en ce genre quelque chose de nouveau et d'insolite : elle appelle Mignard, et deux fois le grand artiste la peint en Madeleine, étendue à terre dans une attitude presque voluptueuse, les cheveux ^pars et le sein nu. > (Revue des sociétés sapantes, IV* série, t. VI, juillet 1862, p. 97,)
On trouve, au sujet d'un de ces portraits, dans une Notice historique sur le château, Vèglise collégiale et Vhospice d*Oiron, publiée par M. de Chergé dans les Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, année 1839, p. 213 et -*^uîvantes, d'intéressants détails.
« Ce tableau, que Con attribue généralement à Mignard, dit M. de Chergé. est |)Iacé dans le salon de réception ; il a, malheureusement, été dégradé. Madame «le Montespan y est représentée dans l'attitude d'une pénitente tant soit peu mondaine. Elle est étendue sur une natte de joncs dont l'extrémité forme une sorte d'oreiller. Les fleurs naissent à l'envi autour d'elle ; ses pieds et ses bras sont nusi ses cheveux tombent négligemment sur son sein, et semblent se marier avec la transparence de ses légers vêlements. Sa tète repose sur sa main droite, et elle tient dans la gauche un livre ouvert. Les macérations et la pénitence n'ont point encore altéri'; la fraîcheur et le brillant coloris do son teint charmant; les rides n'ont pas sillonné sont beau front; les plaintes n'ont pas contracté sa bouche vermeille, et les larmes n'ont rien ôlé à la fascination puissante de ses grands yeux noirs veloutés, où brille dan*; toute sa splendeur le siège de l'amour. S'il faut le dire, la pénitente coquette parait plus occupée du soin de poser avec grâce que du sujet de méditation que semblerait devoir lui fournir la lecture spirituelle qu'elle viont de faire.
« ^i Mignard a voulu peindre madame de Montespan dans le repentir et la prière, il s'est trompé; il n'a peint que la maîtresse de Louis XIV. »
L'inventaire. du château d'Oiron que nous avons mentionné et dont nous donnons plus loin des extraits, contient, en ce qui a rapport à notre sujet, les indications suivantes :
« Le portrait en miniature de feu madame de Montespan, encadré tPor, avec six bouquets de diamants, sur les plaques duquel sont les armes de la dite dame.
« ...Le portrait de madame de Montespan. — Deux grands tableattx sans cadre représentant ma dite dame en Madeleine. — Un grand portrait en cadre représentant défunte madame de Montespan . — Un grand portrait de ma dite dame... »
I^&a APPENDICE.
M. le marquis de Biencourt posséderait, parait-il, à son château d'Azay-Ie-Rideau, un très-beau portrait, és^lemimt du temps.
Au château de Pontchartrain, chei madame de Pa!Ta,ilya, toujom% d'après M. Paul Lacroix, deux grands et beaux tableaux représentant une chasse et une arrivée de Louis XIV, dans lesquels figure madame de Montespan. M. Lacroix estime encore que son portrait doit se trouver parmi les tableaux anciens du château de BÔssy, en Bourgogne.
II y aurait enfin, chez madame la comtesse Keller, rue François I*% quatre petits tableaux médaillons représentant les maîtresses de Louis XIY, avec un fort beau portrait de Louis XIV vieiix. ressemblant au fameux portrait de cire que Ton voit depuis quelques années au musée de Versailles.
Voilà pour les portraits peints. Quant aux portraits gravés, le cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale en possède un grand nombre. Un seul paraît authentique et semble reproduire fidèlement les traits de madame de Montespan. On lit dans le bas : Stephanm Picart Rom^. fecit et excudit cvm priv. régis. 1668. Un cadre entourant la partie supérieure porte : Franç^AthénaIs.
DE ROCHECBODART. IIARQ"' DE MoNTESPAN. Elle eSt COifféO à loUgUeS
boucles; un collier de grosses perles orne son cou; une draperie à dessins couvre à moitié ses épaules. L'air du visage est impérieux et rappelle ce qu'a dit madame de La Fayette, que « sa beautr, quoique achevée, n'éloit pas parHutement agréable. »
Il y a, en outre, «nu cabinet des estampes, une gravure signée Moncornet, également de Tépoque, mais très-grossière.
D'autres portraits, faits aussi de son vivant en Allemagne, paraissent tout à fait invraisemblables et ne rappellent nullement ses traits.
Au dix-huitième siècle, Odieuvre a compris dans son inléressanlo collection le portrait de madame de Montespan, d'après celui d'Étienne Picart, reproduit avec un soin infini et une expression trèsvraie.
Plusieurs portraits-bustes, d'une époque rérente, ont la rigidité du camée et paraissent fort peu ressemblants.
Il y a enfin dans le volume du cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale, des copies plus ou moins heureuses de Témnii de Pelitot.
nnaissons en terminant que le portrait reproduit dans les *s historiques de Versailles «d'après un portrait du temps n >age droit, cheteux ondoyants sur les épaules, manches à ns — ne ressemble guère à celui fait et gravé en 1668 par 3 Picart, qui parait être le plus ressemblant de tous vt'wx ssèdent jusqu'à ce jour nos collections et nos musées, irons que Tidée viendra un jour à Tune des personnes qui des portraits originaux de la célèbre favorite, dVn enrirliir îries de Versailles.
lUSE HISTORIQUE DE LORET ET MADAME DE ykimVM*\\
L'admirable de Mortemarl, Très aimable mignoane, ear C^esi nue des plus ravisnauie».
Des plus sages, dei plus etiarrftaiitei De toutes eelles de la Cour ; Où roo Y<Mt nulle objHi» d*ao)ouf' :
Celte aimatile (dii-^) ttu$natme, K rare et û belle ^rwooe.
Fit la qufie ce hmA jcior-lii ; Et, eotxum qttekfa^uo m'eu paHa, Ce lut, leelatr, je «ous f»ni(e«U;, ITuB aîr M àfoni et û w^é^nUc^ Ou, puur |«arler |rfuf di^;iMfn^it, Avec 110 « iKiUe nf^r^amâ, Oue tout dttréiim, tant i6t^ Md^, Êtoit dtiiTtiié de (K«i viiM»|^^ Oue foD dîMÎt de flMâi^ *m tmm,
que Ml brillaute l ^ m t^^ ^J
Et que ses propos grtcâeux»
El la doucmir de ses beaux yeux, .
Embellis de clartés divines.
Firent d*innocaites rapines !
Puisqu'il est vrai qu'au même instant.
Cet oijjet, toi^ours éclatant.
Qui de miUe amours est la source,
Attaquoit le conir et la bourse...
20 janvier IG60.
... Mortemart, cet ange visible
Qui toucheroit le moins sensible.
Qu'on ne peut voir sans soupirer.
Ni mèmement sans Tadorer,
A qui tout cœur doit rendre hommage.
Et. dont Tangélique visage,
Fait sans cesse des amouraix,
Mais n'en fera qu'un seul heureux...
10 féTrier 1603.
Mardi, riieureux marquis d'Antin, (îiiéri du ciel et du destin, (Sans que personne y mit obstacle) Épousa ce charmant miracle...
Ce divin paradis des yeux, Ce rare cheM'œnvre des dieux, Cette demoiselle excellente Mortemart, ou Tonnay-Charente, Qu'on ne sauroit voir sans amour. ..
Fille d'un des ducs de la Cour Et d'une autant aimable mère Qu'il en soit sur notre hémisphère ; C'est donc à ce noble seigneur De bien user de son bonheur, Car en possédant celte belle De toutes grâces le modèle
uvUt ^^
l'il i» «*" ^ Aft SV\ i^^
\\ ne » »'