‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 192 sur 204 · FONDÉS PAR HADAME DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

FONDÉS PAR HADAME DE MONTESPAN

Hôpital général et Hôpital des Vieillards de Saint-Germain-en-Lay^^' En 1670, la reine Marie-Thérèse fonda, conjointement avec les

' Les renseignements relatifs aux hospices de Saint-Oermain sous Louis XIV, m'ont été fournis avec une parfaite obligeance par M. Laurent,

ames de la charité de Saint-Germain, un hôpital qui prit le nom 'Hôpital de la Charité.

En 1678, madame de Montespan fonda à son tour dans la même ille un hôpital dit des Vieillards, et loua un local où il fut installé.

Trois ans après (juin 1681) des lettres-patentes datées de Verailles*, doterait Saint-6ermain-en-Laye d'un hôpital général et iterdirent la mendicité dans la ville. Les mêmes lettres donnèrent

la fondation individuelle et personnelle de la reine Marie-Thérèse ne existence légale.

Un acte notarié du 4 avril 1682, constate que madame de Monespan acheta dans la vallée de Fillancourt, près Saint-Germain, Qoyennant 17,000 livres, un local pour êlre affecté à Thôpital des ieillards qu'elle avait fondé quatre ans auparavant.

Enfin, six ans ans plus tard, le 6 décembre 1688, elle acheta enore, pour 225 livres, environ 60 perches de terrain à Fillancourt au protit, porte un acte postérieur, dudit hôpital, auquel elle n a fait don, sur lequel ternHn Féglise et le nouvel hôpital ont été âtis*. »

Les constructions de 1682 et de 1688 existent encore.

En même temps, madame de Montespan faisait agrandir THôpiïl général fondé par Louis XIV, et des registres précieusement conervés constatent que durant de longues années (c'était le moment ù la guerre contre la coalition accaparait tous les fonds) , elle sul)int de ses propres deniers, aux dépenses de nourriture et d'entreiende rétablissement.

Ainsi, on possède l'original d'un marché avec devis passé entre lie et deux maîtres maçons pour la construction, moyennant 4,500 vres, d'une grande salle dans les bâtiments de l'Hôpital général.

Un petit registre en parchemin contient un grand nombre de eçus de sommes payées par les sœurs de cet hôpital, du 1" janier 1686 au 13 novembre 1707. Ces reçus sont ainsi libellés : « Je onfesse avoir reçu de madame de Montespan par les mains de la œur... »

ecrétaire de iliospice de eeUe viUe. Ils réfottent de titres et pièces aulentiqaes du temps.

* Archives de Tbospiee de SAiot-Germain-eD-Laye.

* fbid., iMPen/ëire, cotes ii et 12.

Un autre livre de quittances constate que les dépenses de bâtiment étaient acquittées de ses deniers par Tintermédiaire de l'abbé Caille, chftpdtain de Thôpital général. 11 y a lieu de croire qu'elle y séjoumaît'quelquefois, car en 1698 et 1699 on dépensa, d'après ses indications, 1651 livres pour son appartement. • Sur toutes lesquelles choses, porte le devis, Madame aura, s'il lui plaît, la bonté d'ordonner ce qu'elle désire être fait. »

Un acte du 3 juillet 1697 lui donne le titre de fimdiUricey qui revenait de droit à Marie-Thérèse.

Dans un autre acte du 26 août 1710, postérieur de trois ans à sa mort, et relatif à la gestion des biens de l'Hôpital général, elle est plus justement appelée : « bienfaitrice de cette maison, ayant vu et arrêté les comptes, d'elle signés tous les ans... »

L'Hôpital des Vieillards fondé en 1678 par madame de Monfespan et l'Hôpital général institué par lettres patentes du mois de juin 1681 et dont elle devint la bienfaitrice après la mort de la reine, ont eu une existence séparée jusqu'en 18Îf5, époque à laquelle ils furen( réunis.

Brevet de fondatrice dune maison de religieuses Ursulines à 5fl'"^' Germain-en-lMye, pour madame de Montespan *.

Saint-Germain-en-Laye, 28 mars 1681.

Aujourd'hui 28 mars 1681, le roi étant à Saint-Germain-eï|* Laye, Sa Majesté ayant agréé la proposition et très-humble supp^'* cation qui lui a été faite par la dame marquise de Montespaï'» surintendante delà maison de la reine, d'établirune maison de religieuses Ursulines au lieu de Saint-Germain-en-Laye, pour l'instruction des jeunes filles en la crainte de Dieu et aux ouvrages et exercices de leur sexe, Sa Majesté auroit fait expédier ses lettres-patentes de cejourd'hui, par lesquelles elle auroit aumône et donné au^ religieuses Ursulines de la ville de Saint- Denis la maison appartenant à Sa Majesté appelée l'hôtel des Fermes sise en cedit lieu de

* Arch. de l'Empire, 0, 25, fol. 104, verso. — Je dois la communication de relie pièce A l'obligeance de M. Arthur de Boislisle.

amUGermaiiiy et la somme de 50,000 livres, aux conditions portes par le présent brevet.

Et Sa Majesté désirant favorablement traiter ladite dame deMon- ^pan, veut et entend qu'elle jouisse des droits, honneurs, avan- ^ges et prérogatives de fondatrice dudit monastère; qu'elle en prenne la qualité et soit reconnue pour telle par lesdites religieuses de la même manière que la fondation des autres maisons dudit trdre des Ursulines. Veut aussi Sa Majesté que lesdites religieuses n passent, au profit de ladite dame de Montespan, tous les actes t consentemens nécessaires, comme n'ayant été ladite fondation ^te qu'à cette condition expresse que ladite dame de Montespan *roit fondatrice dudit monastère etnon autrement, et pour témoi- ^^ge de sa volonté, Sa Majesté a accordé le présent brevet quVlIt» voulu signer de sa main et fait contresigner par moi, conseillrr, '^ï'étaire d'État et de ses commandemens et finances.

Signé : Louis, et plus bas, Cglbkrt.

Hôpital (le la Sainte-Famille à Fontainebleau K

^* — Donation datée du château de Fontainebleau, le 6 novem- ^ 1686, par très-haute et très-puissante dame Françoise de Ro- ^chouart, marquise de Montespan, surintendante de la maison de t'çue reine, épouse du roi, « laquelle ayant appris qu'il y a beau- Up de jeunes filles orphelines et autres, qui sont oisives, en né- ^sité, et la plupart sans retraite en ce dit lieu de Fontainebleau, l© auroit été touchée et mue de compassion pour la misère de ces i^ivres enfans, et désiré pour la gloire de Dieu et par un pur mor de charité, faire bâtir ou acquérir un lieu où elles puissent ap- :*endre à prier et servir Dieu, gagner leur vie, etc. Ladite donation acceptée par messire Denis Laudin, prêtre, ipérieur de la.^grégation de la mission et curé de Fontaineleau, dame Charlotte Capitain, épouse de messire Nicolas de Comiégne, capitaine et chef du vol do la chambre du roi, supérieure:

hrentaire des archives dèparl mentales de Seine-et-Marne, p. 16, siippléaent à la série H.

les trésoriére, procureur et sœurs de Thôpital de la Charité des femmes, établi audit lieu.

Madite dame fera incessamment construire les bâtimens à ses frais, sur une place sise rue de La Rochefoucauld, dont le fonds a été acquis par Sa Majesté.

2* Lettres-patentes du roi Louis XIV, qui permettent Tacquisition, au proGt de rétablissement, de quatre arpents et demi de terre en fonds de sable.

3" — État des revenus et dépenses de THôpital de la Sainte- Famille, donné à M. le prévôt de Fontainebleau, précédé d'une notice contenant que cet hôpital « a été établi en Vannée 1695, sotis le règne de Louis XIV ^ à la sollicitation de madame de Montespan... Son principal objet fut Téducation de soixante pauvres filles orphelines, reçues à Vàge de 6 à 7 ans, pour y être instruites en la religion, écriture, et les former à des ouvrages des mains, couture et dentelle. » — Le revenu le plus solide de la maison consis(e en 4,500 livres accordées par Sa Majesté, sur son trésor royal. - Gratification accordée par le roi, sur sa cassette, 1,000 livres.

Acfièvement de r église des Ardilliers et construction d'une maison

pour les Oratoriens à Saumur * .

« On voit à Saumur un monument destiné à perpétuer le souvenir de la révocation de l'édit de Nantes ; c'est le dôme de Notre- Dame des Ardilliers commencé en 1654, par Abel Servien, surintendant des finances, et achevé, en 1695, par madame de Uontespan....

« On lit dans la frise de Tentablement, cette inscription :

p. 0. p. M.DCXCV. DEIPARiE VlRGINl.

LUD0VICU8 XIV DEI GRATIA FRANC. ET NAVAR. REX. TOTO REQNO H^RESIM DESTRUXIT, EJUSQUE FAUTORES TERRA MARIQ^^

PROFLIQAVIT.

* Heeherches historiques sur l'Anjou, par Bodin, t. II, p. 589.

« La maison de Notre-Dame des Ardilliers était la propriété des Oratoriens.

« À Tun des bouts du jardin, est une petite maison nommée le Jagueneau, bâtie par madame de Montespan, après sa disgrâce...

< Ce fut pendant un de ses voyages à Tabbaye de Fontevrault, ^'elle fil construire le Jagueneau, Elle y venait quelquefois faire des retraites auprès de son sage directeur le Père de La Tour, général de rOratoire, si connu par ses sermons, sa rare prudence, ses talents dans la direction des consciences, et surtout par la haine implacable que lui portaient les Jésuites ^.. »

Hospice d'Oiron*.

• Madame de Montespan avait réuni dans la maison religieuse de Fœitevrault, dont sa sœur était abbesse, et où elle faisait elle-même son principal séjour, cent pauvres vieillards et orphelins des deux sexes, sous Tinvocation de la Sainte -Famille. Elle appela, pour leur prodiguer les soins nécessaires, onze sœurs de la Charité delà communauté de Saint-Lazare de Paris, auxquelles elle donna, par acte passé à Paris, le 28 avril 1693, devant Aveline et Lefèvre, notaires, quatre cents livres de rente au capital de 8,000 livres, assignées sur les aides et gabelles.

« Mais, depuis, M. le marquis d'Antin, fils légitime de madame de Montespan, ayant acheté, des deniers de sa mère, la terre et seigneurie d'Oiron, les baronnies de Moncontour et Cursay avec leurs dépendances ^, madame de Montespan voulut y transférer ses pauvres et y fonder un hôpital.

« En conséquence, un second contrat passé devant Richard et

* Ceci ne s'accorderait pas avec ce que madame de Montespan écrivait au s^et des Jésuites, le 31 janvier 1693 (Voir p. 331, note 2). Resterait à savoir ^» à cette époque, le Père de la Tour était aussi antipathique aux Jésuites.

* Notice hûtorique sur le château, f église collégiale et l'hospice d'Oiron, par V- de Ghergé. {^/Lémoires de la Société des antiquaires de VOuest, année 1839, ^- 212etsuiv.)

^ C'est elle-même qui avait acheté Oiron. Voir é T Appendice, p. 424, note 1.

4fn APPENDICE. V

son confrère, nolaûr^s à Paris, le 14 novembre 1705, ralifié par lettres patentes en chancellerie du 22 décembre suivant, constata le consentement de madame de Montespan, de Tabbesse dîef d*or* dre et des religieuses de Fontevrault, ainsi que de la communauté des sœurs de la Charité, à la translation proposée.

a Bientôt trois grands corps de logis en équerre, quatre pavi%K et une chapelle s'élevèrent sur un vaste emplacement à côté do bourg d'Oiron, et furent meublés de lits, de linge, de vaisselle, et de tout ce qui était nécessaire à Tentretien, à la nourriture et au logement des pauvres.

« Le nouvel acte de fondation, reçu par Jean Jeoffroy et Louis Richard, conseillers du roi, notaires, gardes-notes et gardes-scels atiGhâtelet de Paris, le 3 juillet 1704, portait que Thôpital d'Oirou (Hait placé sous le nom et Tinvocation do la Sainte Famille, et destiné à la nourriture, subsistance et entretien de cent pauvres de Tun et Tautre sexe, faisant profession de la religion catholique, apostolique et romaine. Les redevances payables dans Thôpilal devaient être perçues par la sœur supérieure, et les revenus éfcîgnés par un secrétaire nommé à cet effet.

« La fondatrice désignait comme administrateur de droit Mgr TévAque de Poitiers à la juridiction spirituelle duquel Thôpital était soumis, le seigneur d'Oiron el ses successeurs, le doyen, curéd'Oiron, et les sénéchaux d'Oiron, Cursay et Monconlour. Prière était adressée à Tévêque de Poitiers de faire par lui-même, ou par un des principaux ecclésiatiques de son diocèse spécialement désigné, une visite annuelle pendant laquelle se tiendrait une assemblée des administrateurs. On devait lire avec attention dans la séance les actes de fondation et règlements de l'hôpital, afin de réprimer les abus qui auraient pu altérer Tobservance des règles de la discipline. Après ces préliminaires, rassemblée devait arrêter les compta de recettes et de dépenses de Tannée.

€ En considération de ces devoirs qu'elle désirait voir accompli!?» madame de Montespan accordait à Tévêque de Poitiers et à ses successeurs le droit de faire recevoir gratuitement trois pauvres à leur choix ; la même prérogative était concédée à Tabbesse de Fontevrault pour six places.

a Quant à la partie spirituelle, madame de Montespan établissait un chapelain amovible,' qui devait être présenté par les sœurs delà

rt

ÉTABLISSEMENTS UOSPlTÂLltiiKS. 417

larité à l'agitoent du seigneur d^Oiron et approuvé par l'évéque i Poitiers. Outre le logement et la nourriture, ce chapelain devait sœyoi^SOO livres, payables par quartier.

« L'hôpital était tenu, pour tout devoir à Tégard du doyen (fa napitre d'Oiron, de faire présenter chaque année, le 14 octobre, ;>ur de la fête de saint François, le pain à bénir à Téglise et messe paroissiales, avec un louis d'or neuf en espèces pour offrande.

c Madame de Mbhtespan déclarait, au reste, affecter à l'entretien le sa fondation une somme de 110,000 livres, outre les 8,000 livres iéjà données, savoir :

« 1* Les bâtiments cojpposant Thôpital, lesquels avaient coûté 40,000 livres ; - •'

<2* La ferme de Bel-Air attenant à Thôpital, laquelle avait été achetée, en 1701, 4,000 livres, sous la réserve toutefois pour le s^eur d'Oiron d'un demi -louis d'or de redevance et de la première grappe de raisins mûrs provenant des vignes de Bel -Air ;

« 5* 1,000 livres de rente au principal de 16,000 livres constituées ^1* les aides et gabelles de France par MM. les prévôts des mar- (^hands et écheviofF^^ ^^^^ ^u profit de madame de Montespan, par entrât passé devant Richard et son confrère, notaires à Paris, le '0 janvier 1703;

« 4" 50,000 livres à prendre par privilège sur la somme de '00,000 livres dont madamt de Montespan s'était réservé la libre '*^silion par la donation qu'elle avait faite au marquis d'Antin, ^û fils, lesquelles 50,000 lilfï^s devaient être remboursées après le "k^fti de la fondatrice, par payements annuels de 10,000 livres, •^te sçmme devait être représentée pendant la vie de madame de •ontespan parlûie rente de 2,500 livres à prendre sur les reve- '^s d(?s terres d'Oiron, Moncontour, Cursiy et de leurs dépen- ^^ces. .

I La fondatrice affectait de plus une somme de 4,200 livres, lonnée par une personne qui ne voulait pas être nommée, à Tehretien spécial de TÎngt-quatre vieillards, qui devaient former dans "hôpital un corps à part chaîné de prières particulières pour madame e Montespan ; puis elle joignait à l'acte de fondation des règlements leinsde sagesse pour le régime alimentaire, Tentretien, l'instrucon de» pauvres, pour leurs occupations aux jours de fêtes ou de

travail, pour leur réception, dont elle déterminait Tordre et k nombre.

• Chaque paroisse de Moncontour et de Cursay avait drdt à six plices ; les paroisses de Marnes, YignoUes, Saint-Cbartres, Saint. Martin-d'Ouzillé, Messe, Notre-Dame-d'Or, Glenouze et Montbrillais, ne pouvaient prétendre chacune cpi'à deux lits ; les autres devaient être, occupés par les pauvres d*Oiron et par ceux qui étaient à la nomination de Tévêque de Poitiers et de Tabbesse de Fontevrault.

« Madame de Montespan présenta Tacte de fondation de Thôpital et les règlements qui y étaient joints à l'approbation de 1 evéque de Poitiers, et le prélat, après les formalités requises, les approuva par son ordonnance du 14 août 1704. Le curé, le chanoine elles habitants d'Oiron, s'étant réunis par devant le sénéchal, juge ordinaire de la seigneurie, reconnurent Futilité du bel établi^ment dû à la charitable munificence de madame la marquise de Montespan, et le tout fut confirmé par les lettres patentes du roi, en date du mois de mai 1 705.

« Ainsi fut consommé Tacte par lequel madame de Montespan léguait aux souffrances à venir Tassurance d'un pieux soul^ement, garanti par la stricte observation de toutes les Ibrmalités légales. Aujourd'hui même, comme par un surcroit de précautions qui n'est pas inutile dans un siècle où Toubli vient si tôt, grâce à la brillante image qui décore J'hospice d'Oiron*, la bienfaitrice de ce lieu de refuge semble encore présider à la distribution de ses bienfaits et surveiller l'accomplissement des devoirs qu'elle a imposés.

« L'hospice d'Oiron, doté avec tant de magnificence, avait acquis la terre de la Razilière, située dans la commune de Brie, qui fait encore aujourd'hui sa principale richesse ; et si ses revenus nV vaient pas été augmentés par les dons de ceux qui avaient succédé dans le château à madame de Montespan, parce qu'ils ne pouvaient avoir pour cet établissement la même affection qu'elle, du moins n'avaient-ils reçu aucune atteinte lorsqu'éclata la Révolution française. Ses rentes furent alors réduites ou abolies; puis, pour suï" croît de malheur, les ambulances de l'armée patriote, réunies * Thouars lors de la levée en masse, empruntèrent, par voie de t*^' quisition, une partie des meubles et du matériel de l'hôpital, ^^^

Voir à l'Appendice, pièce n» I, p. 355, note i.

lurent auis doute la proie des brigands de la Vendée, puisqu'on i^eles revit plus*.

• Depuis, cet établissement a su réparer ses désastres, et, grâce Unx soins de ses administrateurs, il est aujourd'hui dans un état Irès-satisfaisant.

cL^hospitalitéque les religieuses offrent chaque année aux malades étrangers qu'attire la renommée croissante des eaux de Billnzay ne peut qu'ajouter encore à ces éléments de prospérité, j»

. Extrait de Cinventaire des archives de l'hôpital de la Sainte-Famille

jt d'Oiron *.

Al. Actes de fondation d'un hôpital à Oiroif'^ous le vocable de la Sainte- Famille, par Françoise de Bochechouart, surintendanle de la maison de la reine, et veuve de Henri de Pardaillan de Gondrin, chevalier, seigneur marquis de Montespan. 1703-i706. (3 pièces sur parchemin, 9 sur papier, 2 sceaux.)

B 2. Acquêts par Françoise de Rochechouart et par les administrateurs du dit hôpital de la maison noble, terre et seigneurie de la Raziliêre. 1703.

B 4. Transport de rentes par Françoise de Rochechouart. 1693.

E 2. Règlement de la maison. 1705.

F 1. Transférement de l'hôpital de l'abbaye de Fontevrault à Girou, où Françoise de Rochechouart a fondé un hôpital. 1693-1703.

¥• Fonds. — El à 17. Pièces concernant la seigneurie de la Raziliêre réunie à l'hôpital d'Oiron, fondé par Françoise de Rochechouart, marquise de Montespan. 1459-1705.

Pièce n' XII.

Ou n'aurait pas une idée exacte du rôle de madame de Montespan dans les dernières années de sa vie, des modifications apportées par Tâge à son caractère, de la place qu'elle occupa jusqu'il la fin dans la société parisienne , si nous ne reproduisions ici en entier Tarticle que Saint-Simon lui a consacré, à la date de sa mort, dans les annotations du Journal de Dangeaii. Ce que le grand chroniqueur dit d'elle dans ses Mémoires (t. VI, p. 42) à l'occasion

' Il existe encore cependant quelques menus meubles qui portent lu cachet de leur première origine, puisqu'ils sont gravés aux aimes de Rochechouart (onde d'argent et de gueules de six pièces en fasccs.) — (Aotc de M. de Chcrgé.)

* Communiqué par M. Aimé ChampoUion-Figeac, chef du bureau des» Archives départementales au ministère de l'intérieur.

4ii AiPENDIGE.

fit fort crier contre d'Antin, fit grand bruit dans le ikionde, et lai fit des affaires désagréables avec les enfans qu'elle avoit eus du roi, qui, excepté M. du Maine, témoignèrent, et, fort longtemps, VDe grande et vraie douleur. Le corps demeura longtemps et très-pea décemment en dépôt à la paroisse, puis fut porté de même à Œron. Le roi ne nomma jamais sou nom, et ne parut pas la moindre sensibilité à sa perte, qui, toute faite qu'elle étoit à son égard, ne hissa pas d'être une délivrance pour madame de Maintenon. Les enîm du roi ne reçurent aucun compliment en forme, et ne reçarentpas une petite mortification de n'oser porter aucune marque de deuil. Bladame de Montespan étoit encore belle, et paroissoitente^toutce qu'elle avoit été ^ »

Extraits du Mercure françois, des mois de juin et août 4707.

Juuv. — • Madame de Montespan, ci-devant surintendante de la feue reine, et qui n'étoit pas moi|is connue par son esprit et par sa beauté que par sa naissance, quIiÀit des plus anciennes et despli» illustres, sa maison étant issue des anciens vicomtes et souverains de Limoges, madame de Montespan, dis-je, qui s'étoit fait un usage familier des eaux de Bourbon depuis un assez grand nombre d'années, et où depuis quelque temps elle n'alloit que de deux ans en deux ans, y ayant été cette année à son ordinaire, n'a voit qu'i peine commencé à prendre ces eaux, dont elle s'étoit toujours biea trouvée, qu'elle tomba dans une espèce de léthargie, causée par une grande plénitude. On proposa Témétique ; elle en prit, et ce remède opéra soixante-trois fois, de manière qu'il y avoit lieu de croire qu'elle étoit bien dégagée ; mais les efforts que lui fit faire ce reinède furent si grands, qu'une veine rompue, pendant la violence deceselforts, fut la cause desamort. Ainsi, l'on peut dire qu'elle est morte subitement. Rien n'est plus à craindre qu'une mort précipitée, lorsqu'on n^est pas en état de grâce ; mais il y a lieu de croire que cette illustre défunte n'avoit rien à appréhender de ce côté-là. Elle étoit dans de continuelles pratiques de vertus, et Ton peul dire qu'elles faisoient la principale occupation de sa vie, pour ne pas dire toute l'occupation. Elle recevoit tous les mois uneas>ez grosse somme, et l'on peut dire que jamais argent n'a été mit'i'^

* Journal de Dangeau, 28 mai 1707; l. XI, p. 380. Note de Saint-Simon.

f '^T nr, HiDAHE DE MOSTESPAH. «3

: ^ "le tout destiné pour des bApitaux el pour

^%^ ♦,, "nume elle TOuloit KiToir par eile-mème

^^rf j^ '"Ile vouloit qu'ils l'entretinssent de

■^t^^fc "'*/( -«us leurs besoins el qu'elle rê-

^t ^^^L^-te. P^"' "^'^ 1" slle étoit tout

^ ''ïfc^^^^*^^ * "■ c*'3 se faisoit sans afTecta-

, X^V^^%^ .iperçùt. Elle aimoit sa famille,

"" "* ' .geoit souvent ai'ec elle. Enfin l'on

L cl quanlilé de pauvres ont

:^ ^^TW^^l •"^'- '^" P*"' '"'"^ ^"^*' ''^ "^^'^ dame,

, plus haut , qu'elle n'avoit cherché qu'à

^^^u 4 Lemps qu'elle avoit pu èlre utile à ses amis,

^ ^'^^ itinction, aui gens de lettres, et généralement

^^^ .oient quelque mérite. Elle étoit bienfaisante, et

^* >ais cherrJié à nuire à personne. Elle aimoit les

.1 ceux qui ont excellé dans le temps où elle pouvoit

.lile ont flu de grands sujets de s'en louer, et elle n'a pu

lier de donner de l'occupation a quelques-uns, presque jus-

>i derniers momens de sa vie. Il n'est pas nécessaire que j'en

le ici un plus long éloge. Les grands et les petits, s'il m'est

PWDii de parler ainsi, les riches et les pauvres, les savans et les

'uUn artisans ne manqueront pas de lui donner les louanges

qn'rilfl mérite, tant pour lui rendre la justice qui lui est due que

I*!" reonnoissance. •

^■»m. — ■ Je crois devoir ajouter ici que, sur des relations peu *Bcte» venues de Bourbon, je vous ai parlé de la mort de madame ^lontespan dans ma lettre du mois de juin conune si elle étoit ™ihée en léthai^ie, et qu'ensuite, suffoquée par une veine rompue, ^élott morte subitement. Cependant j'ai appris par les person- • Ici mêmes qui l'ont assistée à la mort que, dès qu'elle se sentit 'Uiqnée, 8n ne lui eût pas plus tât proposé de prendre l'émélique 'JQ'tlle voulut en même temps se précautionner, en véritable chrétimoe, contre tout ce qui pourrait arriver ; que pour cet efl'et elle se oolèasa, reçut l'eitreme-onction et le viatique avec des sentimens lieiBéléqu'edle s'étoit rendus familiers depuis longtemps, et que son ml venant ensuileà augmenter, et ne lui laissant plus aucune espémce de guérison, elle n'employa le peu de temps qui lui restoit

cpi'à donner des ordres pour le soulagement des pauvres, dont A faisoit sa principale occupation depuis plusieurs années , et qu*à s'entretenir jusqu'à son dernier moment de sa confiance en la miséricorde de Dieu. »

Pièce n* XIII.

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