‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 27 sur 204 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

lesquelles le parlement, réduit au silence, n'osa protester, et que suivirent plus tard celles de mademoiselle de Tours, de mademoiselle de Blois et du comte de Toulouse . Quelle raison alléguait Louis XIV pour colorer un acte si contraire à la morale et aux lois, jpour justifier un si pernicieux exemple? Lorsqu'on 1667, au moment d'abandonner mademoiselle de La Yallière, il érigea un duché-pairie en sa faveur, avec réversibilité sur mademoiselle de Blois, leur fille naturelle, il avait dit naïvement : « Les bienfails que les rois exercent dans leurs États étant la marque extérieure du mérite de ceux qui les reçoivent et le plus glorieux éloge des sujets qui en sont honorés, nous avons cru ne pouvoir mieux exprimer dans le public, l'estime toute particulière que nous faisons de la personne de notre chère et bien-aimée et très-féale Louise-Françoise de La Yallière, qu'en lui confiant les plus hauts titres d*honneur qu'une affection très-singulière, excitée dans notre cœur par une infinité de rares perfections, nous a inspirée depuis quelques années en sa faveur. Et quoique sa modestie se soit souvent opposée au désir que nous avions de l'élever plus tôt dans un rang proportionné à notre estime et à ses bonnes qualités, néanmoins l'affection que nous avons pour elle et la justice ne nous permettent plus de différer les témoignages de notre reconnoissance pour un mérite qui nous est si connu, ni de refuser plus longtemps à la nature les effets de notre tendresse pour Marie-Anne, notre fille

naturelle, dans la personne de sa mère^..» Moins expansif à Toccasion de la légitimation du duc du Maine, du comte de Vexin, et de mademoiselle de Nantes, Louis XIV se contenta de prétexter « la tendresse que la nature lui ^onnoit pour ses enfans et beaucoup d'autres raisons qui augmentoient considérablement en lui ces sentimens'. » On comprend les faussements de sens moral, les \iolations de toule règle, que de pareilles manifestations comportaient. Quant aux outrages publics et intimes faits à la reine, ils ne se comptaient plus. Avait-elle une grâce à demander? Il lui fallait s'adresser à madame de Montespan, et c'est ainsi qu'elle obtint de conserver à son service une Espagnole qu'il était question de lui ôter. « La reine est ravie écrit à ce sujet madame de Sévigné, et dit qu'elle n'oubliera jamais cette obligation. » Ses filles d'honneui inspirèrent-elles quelque ombrage? On peut le sup poser. « Il est certain, écrit encore madame de Sévigné que Quanto a trouvé que c'étoit une hydre que cette chambre des filles ; le plus sûr est de la couper. » Et le filles de la reine furent renvoyées. Saint-Simon a ra conté les promenades du roi avec les trois reines^ dan le même carrosse, et les revues données en divertisse ment à la favorite'^. Madame de Sévigné y pensait san

* Réflexions sur la miséricorde de Dieu^ t. IF, Appendice, p. 208. ' Collection des Anciennes lois françaises ^ par Isambert et de Crusy t. XIX, p. 124.

5 Citons, à ce sujet, mais sous toutes réserves, une anecdote raconté par la princesse Palatine : < Madame de Montespan assistoit une fois i

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