‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 26 sur 204 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

I<oui8 XIY va voir madame de Montespan au château de Livry, près ^^h avant d'ouvrir la campagne de 1672. — Pourquoi il en revint si précipitamment. — Légitimation de leurs enfants naturels. --Singuliers considérants invoqués pour la légitimation de ceux de la duchesse de La Vallière. — Manque d'égards envers la reine. — Celle-ci est obligée de recourir à madame de Montespan pour obtenir les choses qu'elle désire. — Promenades avec les trois reines. — Les revues. — Anecdote racontée par la princesse Palatine. — Madame de Montespan mieux logée que la reine au château de Versailles. — Colbert intermédiaire de la correspondance amoureuse du roi. — Lettre que lui écrit Louis XIV à l'occasion de pierreries refusées par niadarae de Montespan. — Château de Clagny. — Lettres écrites à ce sujet par le roi à Colbert en 1674 et 1675. — Recommandation de ^'épargner aucune dépense. — La reine va voir à Clagny madame de Montespan et un de ses enfants malade. — Description du château cl des jardins par madame de Sévigné.

le prisonnier de Pignerol, ses découragements, ses Wslesses et ses légitimes colères, nous ont fait devancer les événements*. Revenons à la cour où, quelles que fussent les illusions de Lauzun sur le vide qu'il croyait y avoir laissé, son souvenir était bien près de s^effacer. Déjà vieille de cinq ans, la passion du roi pour madame de Montespan semble encore dans sa période ascendante.

Un incident recueilli par les nouvellistes marqua les premiers jours du mois de mai 1672. Louis XIV allait partir pour cette campagne de Flandre, si bien commencée et qui finit si mal, grâce à Louvois. La lutte paraissant devoir être sérieuse, il ne menait avec lui ni la reine, ni la maîtresse en titre. Mais comment rompre, ne fût-ce que pour un temps, des attaches si fortes? L'heure de la séparation fut au moins retardée le plus possible, et madame de Montespan alla attendre le roi près deLagny, au château de Livry^ Il fit un détour pour la rejoindre. c< Il y fut deux heures, dit madame de Sévigné; on croit qu'il y vit ses enfans pour la première fois. La belle y est demeurée avec des gardes et une de ses amies'. » C'est dans ce château qu'elle mit au jour le comte de Vexin. Les résultats de la campagne sont connus. La princesse Palatine attribue le retour précipité du roi à son impatience de revoir madame de Montespan, mais elle avait ses motifs d'animosité, contre la favorite' qu'elle charge de tous les crimes. On eut, Tannée d'après, une preuve non équivoque de l'attachement et de la despotique autorité de Louis XIV. Des lettres patentes du 20 décembre 1673 légitimèrent le duc du Maine, le comte de Vexin et mademoiselle de Nantes, légitimations scandaleuses contre

* Cette terre s'appelait le Genitoy. Elle appartenait à Louis Sanguin, seigneur de Livry, premier maître d'hôtel du roi.

* Lettre du 4 mai 1672, à madame de Grignan.

' Le mariage du duc de Chartres, son fils, avec une des filles légitimées du roi et de madame de Montespan,

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