‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 57 sur 204 · H4 MADAME T)E MONTESPAN · texte numérisé non relu

H4 MADAME T)E MONTESPAN

mit encore une fois la France et TEurope dans la confidence de ses amours. Peu à peu la nouvelle favorite tint une place plus grande à la cour, qu'elle étonna de son faste. En lui adressant, en 1680, une épître où il l'appelait digne présent des cieux^ le capricieux La Fontaine (que ne disait-il pas tout à Theure à madame de Monlespan?) la suppliait de présenter ses vers au dompteur des humains^. Sauf les rivalités inévitables et le fond des cœurs, les deux sultanes, ainsi les appelait Bussy, semblaient vivre en bonne intelligence. Quand l'époque des étrennes arriva, la dernière venue offrit à madame de Montespan un agenda tout couvert de pierreries. « Pour la personne qu'on ne voit point, écrivit à ce sujet madame de Sévigné (5 janvier 1680), elleparoît quelquefois comme une divinité ; elle a donné des étrennes magnifiques à sa devancière et à tous

de Monsieur. Mercredi, la comtesse de Soissons reçut ordre du roi de se défaire de sa charge entre ses mains. Cette princesse étoit à Ghaillot, à une petite maison qu'elle y a. M. Golbert fit beaucoup d'allées et de venues. Elle parla au roi le soir chez la reine, qui lui dit des merveilles sur le plaisir qu'elle lui feroit. Elle répondit avec toute la soumisBion possible, et enfin elle a pris deux cent mille écus, et madame de Montespan a été par là surintendante de la maison de la reine, et n'est plus maîtresse... » (Correspondance de Bussy, t. IV, p. 344.) * L'épUre est curieuse, et débute ainsi :

Charmant objet, digne présent des deux, (Et ce n'est point langage du Parnasse), Votre beauté vient de la main des dieux ; Vous l'allez voir au récit que je trace.

Puissent mes vers mériter tant de grâce Que d'être offerts au dompteur des humains, Accompagnés d'un mot de votre bouche, Et présentés par vos divines mains...

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