CHAPITRE SIXIÈME
ses enfans^ » Nous savons en outre que, le jour de Van, elle assista à la messe du roi c< extraordinai renient parée de pierreries, sur un habit de môme étoffe que celui de Sa Majesté, avec des rubans bleus tous deux*. » Le 6 mars 1680, madame de Sévigné écrivait encore : « On m^a dit de bon lieu qu'il y avoit eu un bal à Villers-Cotterets (chez Monsieur) ; il y eut des masques. Mademoiselle de Fontanges y parut brillante et parée des mains de madame de Montespan. Cette dernière danse très-bien. » Ainsi, la hauteur en personne rendait à son tour à sa belle rivale de vingt ans les services qu'elle avait jadis reçus de la tendre La Vallière I Est-il besoin de rappeler la triste fin de ce rêve éblouissant ? Le tabouret do duchesse, les carrosses à six chevaux, les pierreries étincelantes devinrent bientôt autant de sujets de douleur. Non-seulement l'idole adorée de la veille était délaissée; mais sa vie était en danger; elle se mourait et se croyait empoisonnée. Les accusations dont la princesse Palatine a chargé madame de Monlespari'* sont
* I^'agenda était accompagné d'un almanach pour lequel La Fontaine avait composé des vers assez insignifiants intitulés Prédictions pour i^ quatre saisons. Voir Œuvres, édition Walckenaer, t. IV, p. 186.
'Lettre de Bussy à La Rivière, du 15 janvier 1080.
' « La Montespan étoit un diable incarné, mais la Fontanges étoit bonne et simple; toutes deux étoient fort belles. La dernière est morte, <^t-on, parce que la première l'a empoisonnée dans du lait. Je ne sais si c'est vrai, mais ce que je sais bien, c'est que deux des gens delà Fontanges moururent, et on disoit publiquement qu'ils avoient été empoisonnés. (Correspondance complète, t. I, p. 190.)