CHAPITRE VIII
Madaaie de Montespan accepte sa nouvelle position et reste à la cour. "• Elle organise des fêtes, des loteries. — Madame de Maintenon ^ tolère prudemment. — Curieuse lettre de celle-ci. — Son anlicliambre parée pour une oraison funèbre. — Colère de madame Q® Montespan au sujet d'un projet de voyage à Baréges dont elle est exclue. — Elle est supportée à la cour grâce à ses enfanis. — Vie q^ elle y mène. — Elle refuse de s'occuper des affaires du duc du *aine. — - Prend une grande résolution, et, au mois de mars 1691 , se retire au couvent de Saint-Joseph. — Le duc du Maine s'empresse ^® prendre l'appartement qu'elle avait à Versailles . — Il dit qu'elle ^ ^^ujours peur qu'on ne la vole. — Relations avec madame de Main- ^non. — Protestations d'amitié de celle-ci . — Elle la prie cependant ^^ cesser de lui écrire. — Manque de dignité de madame de Montes- ^^^•— Elle est complètement oubliée à la cour.— Esther et Valtière ^^sthi, — Ingratitude de Racine. — Le lit de Louis XIV.
*^on gré mal gré, madame de Montespan avait donc
accepté sa position nouvelle. Observée de tous, elle s'at^
lâchait à ne provoquer la pitié de personne et elle
^''S^Uisait bruyamment, à sa manière, les plus belles
^les. j^Qyg savons par madame de Maintenon « qu'elle
3'moit fort la cour, non seulement par les engagemens
^^^ l'y avoient attachée, mais parce qu'elle aimoit la
^'^ cle cour^ » Le 15 février J685, le roi mit à sa
'^^ Êtres historiques et édifiantes ^ t. II, p. 102. — Madame de Main*
m MAÎ)AME DE MONTESPAN.
disposition sa musique, TOpéra, ses danseurs, et e donna une grande mascarade. Peu de temps apr Louis XIV est tout surpris, en arrivant chez elle, % trouver une représenlation de la foire de Saînt-G( main, avec les plus jolies femmes de la cour po marchandes*. Une autre fois, Quinault lui soum chez elle Irois livrets d'opéra, et il choisit celui d'il mide^ que devait illustrer LuUi. Au mois de septembr Louis XIV va à Chambord, et elle est du voyage. L'hivi suivant, les fûtes, les bals masqués recommcncèrer Un soir à Marly, on eut les boutiques des Quatre & sons. Monseigneur et madame de Montespan tinre celle de l'Automne ; le duc du Maine et madame « Maintenon, celle de l'Hiver: « 11 y avoit, dit Dangea des étoffes magnifiques, de Targenleiie pour quif mille pistolcs... On y jouoit, et l'on emportoitceq Ton gagnoit. »
« 17 janvier 1686. — Mascarade chez ma(!ame Montespan ; M. le duc et la duchesse de Bourbon,
tenon ajoute : « Que fait Dieu ? il y atlaclie celle qui la hait et il éloigne celle qui l'aime. » [Entrelien du 4 avril 1703 avec madame Glapion,) Disons que madame M Maintenon avait alors G8 ans.
* Le marquis de Sourchcs raconte, ù In date de mai 1685 a quN chcrclioiL loules sortes d'inventions pour arrêter le roi chez elle, qu'elle faisoit, entre autres choses, travailler un grand nombre dN vrières à des meubles magnifiques. » [Mémoires, 1. 1, p 119.) De j côté, la princesse Palatine dit : <l Madame de Montespan étoit tn amusante et on ne s'cnnuyoit jamais avec elle Elle aimoit extrômemi le jeu. D Et ailleurs encore : « La Montespan étoit bien drôle et bi amusante; on ne pouvoit s'ennuyer auprès d'elle. » [Correspondan 1. 1, p. 2u7, t. IL p. 127.)